‹ DaphnéChapitre 8 sur 13 · LA MAISON DES ROSSIGNOLS · texte numérisé non relu

LA MAISON DES ROSSIGNOLS

.Fleur de pourpre pieuse, en son épiscopat Vint l'Evêque escorté des sacrés cénobites,

Et les portes du sud, sur leurs gonds, ont tonné, Au clair des violons ont frémi les feuillages, Des barques, aux bassins, ont creusé des sillages "Qu'on a comblés de jasmin rose et de genêts.

Des torches ont rougi les bras noirs des statues, Des cymbales ont fait les horizons grondants. Puis, quand s'ouvrit la porte d'or de l'occident, La torche est morte et les cymbales se sont tues.

L'Evêque a trépassé ! Les portes éclatantes, Comme s'attendrissait une aurore de lait, Ont jeté sur ses pieds sacrés et blancs d'attente Un adolescent pâle et qui me ressemblait !

« Cessez les chants, ô rossignols ! Mourez, les roses ! Et que l'éclair des yeux de l'eau passe en mes yeux : "Ton front, sur mes genoux ployés, que tu le poses ! N'est-ce pas qu'ils sont morts les vieux azurs des cieux?

N'est-ce pas que tu veux mourir aux hautes joies? Dormir aux grottes d'eau quand luit l'été fatal ? Que la forge d'enfer sur la terre rougeoie, Pourquoi veux-tu l'éteindre et que te fait le mal ?

Et la souffrance, en toi, des aurores livides ! . . . Viens cueillir avec moi les grands coquelicots, Tes pas aimés manquaient à mes cavernes vides, Tes poëmes sont adoptés par mes échos !

Te voici devant moi, jeune comme une aurore, Mes roses m'ont prédit la pudeur de les mains, Le cœur des hommes bat dans ton seul sein sonore : Viens te coucher dans mes cheveux, sous les jasmins ! »

Et des flûtes sonnaient sous la lueur des branches, Le ciel brillait comme un beau vitrail violet ; Et blancs muguets, jasmins blancs et jacinthes blanches, Toutes les fleurs avaient un cœur qui m'appelait !

« — Comme un lys naît des eaux, surgisse un dieu qui guide L'abeille au saule roux, la chèvre au bois glacé ! —

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