ACTE II, SCÈNE I
Et, suivant en secret une manœuvre habile. Au milieu du danger mon armée est tranquille , L'immense Bactriane obéit à mes lois, Il ne manque à mon front que le bandeau des rois : Je suis né de leur sang , et , prince légitime , S'ils régnent par le sort, nous régnons par le crime.
BARZANÈS.
Oui, Bessus ! il le faut. Laissons là ces noms vains
De vertus, de forfaits respectés des humains.
Le tigre qui dévore une viei'ge timide
Ne craint point que sa voix l'accase d'homicide,
Et du crime souvent les utiles degrés
Par l'exemple des rois ont été consacrés.
BESSUS.
J'aperçois Darius ; il vient sous ce portique Consulter de nos Dieux l'organe prophétique. Trop souvent l'infortune avilit les mortels. Et son triste pouvoir les prosterne aux autels. Méprisons de ces Dieux l'impuissance profonde ; Ci"ois-moi c'est à l'audace à gouverner le monde.