SCÈNE IL
DARIUS, BESSUS, BARZANÈS.
Cher Bessus ! et vous tous, les soutiens de l'état. Défenseurs de vos rois, citoyen ou soldat I
Aux campagnes d'Issus, sur les Lords du Granique,
Le destin m'a montré son pouvoir tyrannique.
La fortune jalouse abaissant ma grandeur,
M'a donné dès ce tems les leçons du malheur :
C'est en vain contre nous qu'elle enfante un prodige j
Deux revers éclatans ont détruit le prestige.
Je connais l'ennemi que j'avais méprisé ;
Mais aux cœurs généreux le triomphe est aisé.
Oui ce jour peut encor rétablir notre gloire,
Apprenez à quel prix on obtient la victoire.
Opposons la constance aux périls les plus gi-ands ,
Que jamais le soldat ne s'éloigne des rangs !
Imitons du vainqueur la phalange terrible :
Qui veut vaincre ou périr est toujours invincible.
Si l'ordre, si l'accord peut régner entre nous ,
Je saurai du destin défier le courroux ,
Et les Grecs déplorant leui's succès éphémères.
Expieront dans nos fers leurs brillantes chimères.
Le Persan courageux , mais bientôt abattu ,
A trompé mon espoir sans trahir la vertu.
Jusqu'ici j'ai trouvé dans ma peine cruelle
Des guerriers mallieureus, mais un peuple fidèle.
Je ne sais si du sort la fatale rigueur
Me réserve des maux plus affreux pour mon cœur,
SI quelqu'un est ici l'ennemi de son maître ,
Si l'espoir d'Alexandre est servi par un traître ;
Notre sceptre est un joug détesté du flatteui'.
Et souvent pour le peuple un objet de terreur.
Liberté ! don des Dieux, liberté ! nom céleste ,
Aux lumiains toujours cher et pourtant si funeste J