ACTE I, SCÈNE IV
II suffit à mon cœur d'une illustre mémoire,
Rieu ue peut me toucher que le soin de ma gloire.
STATIRA
Le barbare Alexandre envahit nos états, ' Et sa fureur, dit-on, prépare ton trépas; Mais c'est la trahison que surtout il faut craindre ; Tes plus lâches flatteurs déjà cessent de feindre. Bessus et Barzanès, ces deux vils courtisans. Que tes seules bontés ont rendus tout-puissans , Jaloux de ta grandeur éclatent en injiu'es , Et peut-êlre bientôt. . .
Je crains peu leurs murmures.
Croyez-moi, chère épouse, au faîte des gi-andeurs Les plus grands de nos maux sont toujours nos terreurs. Soutenez dans ce jour et mon fils et ma fille ; Aux regards des Persans présentons ma famille. Remettez promptement vos esprits abattus , .
Et qu on trouve chez nous l'exemple des vertus. Du destin quelquefois la rigueur importune Nous condamne aux horreurs d'une longue infortune ; Mais des peuples souvent il exauce les vœux, Et leur rend l'espérance et des rois dignes d'eux.