CH. DARWIN, Origine des espèces, p. T
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agents naturels, le chaud, le froid, les intempéries ; contre les animaux qui cherchent à le détruire comme les parasites. Mais c’est surtout entre les individus d’une mème espèce que la lutte est la plus forte : il y a entre eux une concurrence vilale plus acharnée qui nous conduit à la sélection naturelle.
En effet, l'inégalité des individus qui engagent ce combat continuel pour l'existence est certaine’; aussi les uns l’emportent-ils sur les autres. Victoire des premiers, défaite des seconds ; mais cette victoire, l’individu qui la remporte le doit à une particularité qui le distingue de ses rivaux, et comme cet individu tendra à se perpétuer, alors qu'au contraire ceux qu'il aura vaincus disparaitront sans descendants, cette particularité se transmettra par voie d’hérédité à un certain nombre d'individus : elle ira ainsi s'étendant à un rombre de plus en plus grand d'individus et s’accentuant sans cesse (ceux qui possèdent cette particularité résistant mieux que les autres à la lutte continuelle qui les domine) pour enfin arriver à établir graduellement une variété nettement distincte de la souche dont elle
sera sortie.
1. Cette inégalité du reste n'existe pas qu'entre les individus. « Il faut admettre aussi que partout les individus d’une seule et même espèce n'ont pas de chances également favorables. Tout d’abord, en raison même de l’inégalité de leurs forces et de leurs facultés, leur situation dans la lutte est différente, sans compter qu’à chaque point de la surface terrestre les conditions de l’existence sont diverses et agissent diversement. >» HŒCKEL, op. cùt., 1° leçon, p. 119.
Il se passera ainsi, grâce à la lutte pour l'existence, quelque chose d'analogue au triage, à la sélection qu'opère l’éleveur pour obtenir une variété nouvelle ; mais il est bien évident que cette transformation sera beaucoup plus lente dans le premier cas que dans le second : la sélection artificielle s’accomplissant suivant la volonté de l’homme avec une marche dans un sens déterminé, tandis que la sélection naturelle agit suivant la nature et laisse ainsi une part beaucoup plus grande aux croisements qui peuvent intervenir entre la forme primitive et la forme nouvelle, croisements qui, nécessairement, doivent entraver et retarder la
constitution définitive de cette forme nouvelle.
$ 2. — La lutte pour l'existence. — Ses effets.
Nous venons de voir comment la lutte pour l’existence a pour effet général la survie des uns, la défaite des autres; nous allons maintenant rechercher avec plus de précision, quelles sont les conséquences de ces luttes. En quoi consiste particulièrement cette survivance ? Est-ce la survivance des meilleurs... ou des mieux adaptés ? En résulte-t-il qu’elle soit toujours une cause de progrès ?
Nous distinguerons, pour répondre, entre l'application de cette loi au monde végétal et animal auxquels Darwin.
l'avait limitée et son extension à la société humaine.
RER ere