I. — Effets et conséquences dans le monde végétal et animal
La lutte pour l'existence se présente sous différentes gormes : elle s'engage d’abord avec le milieu extérieur puis entre espèces, enfin entre les individus d'une
mème espèce.
A. — Plantes et animaux luttent en premier lieu contre le milieu ambiant : le froid, le chaud, les vents, les pluies, etc. Il est certain qu'ici la victoire appar- {ent non aux plus forts, aux meilleurs, mais bien aux mieux adaptés. C'est que végétaux et animaux ne luttent pas à conditions égales, qu'un individu faible peut parfaitement se trouver dans un milieu qui favorise son développement, alors qu'au contraire un individu de la même espèce beaucoup plus fort, mais situé dans un milieu qui lui est moins favorable, tend à disparaître plus vite. Les conditions extérieures de vie, les circonstances du milieu jouent ainsi un rôle considérable dans l’adaptation : de là résultent d'importantes variations dans les formes organiques, variations qui se transmettront par hérédité, s'accentueront ou s’atrophieront suivant, par exemple, l'usage habituel ou le défaut d'exercice, la diversité du climat, etc. La lutte pour l'existence exige donc une adaptation forcée aux condi-
tions d'existence. Aussi le Darwinisme semble-t-il
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beaucoup plus la doctrine de l'adaptation que celle du progrès.
La théorie de Darwin aurait pour conséquences directes deux grandes lois : celle de la divergence des caractères ou loi de différenciation, et celle du progrès.
Cette dernière doit nous arrêter un instant : on a en effet remarqué, et Darwin le premier, que « parmi le plus grand nombre des êtres vivants, la sélection conduit inévitablement au progrès graduel de l’organisme! ». Hæckel également prétend voir dans cette loi d'évolution progressive de perfectionnement des espèces, une des conséquences directes et nécessaires de la relation naturelle. Cette loi consisterait en ce fait capital, savoir « qu'à toutes les époques de la vie organique sur la terre, il y a eu progression dans le degré de perfection des êtres organisés. Depuis l’époque perdue dans la nuit des temps où la vie a débuté sur notre planète par la production spontanée des monères, les organismes de tous les groupes se sont constamment? perfectionnés dans l’ensemble et le détail ; à chaque étape, ils ont atteint un plus haut degré de développement ». Si, d’une facon générale, cette loi semble vraie, étant donné l'ensemble de la théorie transformiste elle-mème, il ne faudrait cepen-
dant pas en conclure comme certains Darwiniens, (suivant en cela trop à la lettre la thèse de Hæckel,