‹ Darwinisme et Socialisme des Sciences PolitiquesChapitre 21 sur 60 · DE LANESSAN, op. cit, p · texte numérisé non relu

DE LANESSAN, op. cit, p

pour le reste du monde organique, réside dans le principe de la loi de Malthus. L'homme à une tendance à s’accroitre plus rapidement que les moyens de subsistance destinés à le satisfaire: de là, l’acharnément de la lutte qui s'accroit lorsque les moyens de subsistance diminuent et devient par suite de plus en plus meurtrière jusqu'à ce que l'équilibre soit, de nouveau, à peu près rétabli. Le problème de la faim, tel est le problème qui domine les autres, et c’est de cet équilibre mal établi entre la nutrition et la reproduction, de ce besoin primordial que tous cherchent à satisfaire, que naissent les luttes les plus acharnées et les sélections les plus meurtrières : famines, épidémies, guerres, révolutions.

Cette lutte revêt dans l'humanité deux formes principales : guerre et concurrence. Ce n'est pas ici qu'il nous est possible d'analyser de tels phénomènes. Qu'il nous suffise de rappeler qu'à l’origine l'état de guerre était probablement l’état de nature : c'est alors que la célèbre expression de Hobbes: homo homint lupus, était toute la vérité. Mais depuis, laguerre, si elle n’en a pas moins continué à sévir sur les sociétés humaines, tend à s’atténuer, elle n’existe plus à l'état perpétuel ; elle se trouve ainsi limitée de plus en plus par des périodes de paix qui semblent s'accroitre à ses dépens.

D'autre part, la lutte est devenue moins brutale dans sa forme. MM. Hæckel et Spencer remarquent eux-

mêmes qu'à la place de la vie guerrière qui fut celle

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