‹ Darwinisme et Socialisme des Sciences PolitiquesChapitre 39 sur 60 · FERRI, 0p. cit · texte numérisé non relu

FERRI, 0p. cit

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$ I. — L'Égalité des Individus.

L — Tendances générales du socialisme. — « Le fond de l'idée socialiste n’est pas autre chose que l'idée de justice, a-t-on dit avec raison, en comprenant le mot justice comme synonyme d'égalité', »

Tendance à l’égalité et à la justice, telle est l'idée mère du socialisme ; aussi, comme le remarque M. Faguet, cette définition choisie parmi les nombreuses que l'en a données du socialisme, citée par M. Domela Nieuwenhuis et empruntée à l'Encyclopédie naturelle, semble-t-elle la plus exacte parce qu’elle a le mérite

? : « Le socialisme

de bien indiquer cette tendance peut être défini, en général, comme un mouvement ayant pour but de détruire les inégalités des conditions sociales dans le monde par une transformation économique. » ;

Telle est donc la tendance générale du socialisme : aspiration à l'égalité. Comment dans ces conditions réfuter la contradiction relevée par l’école individualiste ?

S'il est une question sur laquelle les écoles socia-

1. E. FAGUET, La Grande Revue, 1° novembre 1898, no 11, p. 93, Le socialisme en 1898.

2. DOMELA NIEUWENHUIS. Paris, Stock, 1897 : Le socialisme en danger (en ce sens), p. 240 et suiv.

listes sont divisées, c'est assurément celle de l'égalité des individus. Cependant toutes s'accordent pour distinguer des inégalités naturelles et des inégalités sociales et pour considérer les premières comme

nécessaires.

A. Quant aux inégalités naturelles d'abord, on peut dire que même les écoles les’ plus communistes les admettent, Il serait, du reste, absurde de vouloir les nier. Il est bien évident que les hommes diffèrent entre eux par leur taille, leur vigueur, leur intelligence, leurs goûts, leur tempérament, etc...

Quelle que soit donc l'organisation sociale; 11 faudra toujours laisser à ‘la nature une certaine part dans cette organisation, or la nature produira toujours des inégalités.

Cette part, remarque M. Ferri, sera la part nécessaire que réclame le darwinisme, part que le socialisme lui accorde : :

« Dans toute organisation sociale, de quelque facon qu'on la conçoive, il y aura toujours des hommes grands et d’autres petits, des faibles et des forts, des sanguins et des nerveux, plus ou moins intelligents, les uns supérieurs en intelligence, d'autres en force musculaire : et il est bien qu'il en soit ainsi : d’ailleurs cela est inévitable, » |

« Cela est bien, parce que la variété et l'inégalité

des aptitudes individuelles produit naturellement cette

division du travail que le darwinisme nous a donnée avec ralson comme une loi de la physiologie indivi-

duelle et de l’économie sociale!. »

B. Il ne peut donc s’agir que de la suppression des inégalités sociales, artificielles. Jusqu'à quel point ces inégalités sont-elles nécessaires, à quel moment finit l'égalité naturelle et commence l'égalité sociale, telles sont les questions sur lesquelles se divisent les différentes écoles socialistes.

Il faut alors se placer à deux points de vue suivant l'origine de ces inégalités :

1° Résultent-elles d'une cause antérieure à l'individu lui-même ?°

Toutes les doctrines sont encore d'accord pour réclamer au début de la vie l'égalité du point de départ?.

Aussi réclament-elles (mème les radicaux-socialistes) la suppression de l'héritage.

Et, font remarquer les socialistes darwiniens, cette égalité n'est nullement en contradiction avec la loi de Darwin, car c'est la loi civile qui donne ainsi un avantage, un privilège à un individu : il en résulte donc que la victoire n'appartient pas au mieux doué, au

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