‹ Darwinisme et Socialisme des Sciences PolitiquesChapitre 44 sur 60 · FERRI, 0p. cil., p · texte numérisé non relu

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Au contraire, le socialisme, à côté de l'égalité du point de départ, réclame une égalité qui assurerait à tous les hommes comme tels des conditions d'existence à la condition qu'ils travaillent : il prétend ainsi que tous doivent survivre.

Pour l'individualisme, la concurrence Vitale sert à justifier la concurrence économique : le socialisme, au contraire, ne voit nullement dans cette concurrence une forme sociale nécessaire de la concurrence vitale : une de ses principales aspirations consiste à atténuer la concurrence sous les différentes formes qu'elle peut emprunter et surtout la concurrence économique, aujourd'hui la plus meurtrière. On a même souvent défini le socialisme « La notion d’une société sans concurrence’ ».

Comment, dans ces conditions, une conciliation avec le darwinisme, consécration scientifique de ces différentes formes de coneurrence, est-elle possible ?

Les socialistes invoquent en leur faveur trois considérations principales :

1° Une transformation continue de la lutte pour l'existence « dans son contenu » et une atténuation

progressive dans ses formes » (FERRi).

1. Cf. Georges RICHARD, Le socialisme et la science sociale, Paris, 1897, p. 79. M. Richard donne cette définition du socialisme « Le socialisme est là notion d’une société sans concurrence grâce à une organisation de la production sans entreprises capitalistes et à un système de répartition où la durée du travail est la seule mesure de la valeur. »

20 Une part nécessaire, mais restreinte, à la concurrence.

3° Enfin une loi dont les effets tempèrent ceux de la lutte pour l'existence : la loi de solidarité ou d'accord pour la vie, d'association pour la lutte.

1° Atlénuation progressive de la lutte pour l’existence. — Tout d’abord, M. Ferri argumente en invoquant une atténuation de la lutte pour l'existence dans le domaine biologique :

« On peut répondre d’abord que, même dans le domaine biologique de « la lutte pour l'existence », la disproportion entre le nombre des individus qui naissent et celui de ceux qui survivent va toujours en s’atténuant progressivement à mesure qu'on monte des végétaux aux animaux, des animaux à l’homme. »

« Cette loi de disproportion décroissante entre les « appelés » et les « élus » se vérifie même dans les diverses espèces d’un même ordre naturel‘. »

Chaque végétal, par exemple, donne un nombre considérable de graines dont très peu parviennent à un entier développement. Chaque animal, à mesure que l'espèce se perfectionne, donne un nombre de petits de plus en plus réduit ; mais, en sens inverse, le nombre de ceux qui survivent est de plus en plus grand. Enfin,

chaque homme a très peu de descendants relativement

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