FERRI, 0p. cit. p. 33 et suiv
aux espèces qui lui sont inférieures, mais dont la grande majorité survit,
Comme cette loi se vérifierait, d'autre part, dans chaque espèce, « ce sont les races et les classes les moins élevées dans l'échelle des êtres qui se reproduisent avec le plus d’abondance, et dont les générations se succèdent avec le plus de rapidité par suite de la longévité moindre des individus! ».
Une fougère, par exemple, produit des millions de spores, sa vie est très courte.…., un palmier, qui ne donne que quelques dizaines de graines, vit cent ans. Dans l'humanité, les races sauvages sont plus prolifiques et vivent moins longtemps que les races civilisées.
Il faut alors tenir compte que dans le combat pour la vie, le nombre des vaincus diminue lorsque l’on passe des races et des espèces inférieures aux races et aux espèces supérieures.
M. Dramard signale également cette première atténuation : les plus vils organismes seuls combattent envers et contre tous, dévorant leurs semblables comme les autres*. |
1. FERRI, 0p. cit., p. 34. — Cf. également, p. 30, note 1 (GIDE, 0p. cit., p. 351) passage cité.
2. DRAMARD, op. ci, p. 22. — M. G. Deville (Aperçu sur le Socialisme scientifique), donne une autre cause d'atténuation de la lutte chez l'homme qui explique en même temps pourquoi la lutte est si brutale chez les animaux; c’est que « l’animal consommant sans produire, la part consommée par les uns peut réduire la consommation desautres, tandis que l’homme, capable de produire et
produisant plus qu'il ne consomme, peut vivre et se développer sans restreindre pour cela la consommation de ses semblables. »
En second lieu, la loi darwinienne dans l'humanité a continuellement varié : son essence même est d’être modifiable et ire Elle s’est atténuée dans ses formes et transformée dans son contenu.
Les différents socialistes qui se sont occupés de la question sont d'accord pour argumenter de cette transformation. Nous verrons même que certains, exagérant, croient même à une disparition totale de cette loi lorsque la réforme sociale promise par le socialisme sera réalisée.
Tous reconnaissent qu'il faut faire une part à l'activité humaine, à la raison de l’homme, à son idéal de justice, en un mot à sa liberté d'agir (dans une certaine mesure seulement, il est vrai, même contre les lois naturelles quand tel est son désir.
L'homme, par sa volonté consciente, raisonnée, doit s’efforcer de modifier les effets de cette loi brutale, réagir contre les fatalités extérieures naturelles pour leur imprimer une direction nouvelle.
« Nous considérons que si l’homme est un animal, écrit M. Gautier, c’est un animal spécial, intelligent, sociable, relativement libre, dont toutes les facultés en un mot ont atteint un degré d'intensité supérieur! »
L'homme, grâce à ses facultés morales, intellectuelles, sociables, qui le caractérisent et l’ennoblissent, s’est
ainsi placé au-dessus de tous les êtres, à une distance