‹ Darwinisme et Socialisme des Sciences PolitiquesChapitre 46 sur 60 · GAUTIER, Le Darwinisme social, p · texte numérisé non relu

GAUTIER, Le Darwinisme social, p

énorme des espèces qui le précèdent, Lui-mème s’est en quelque sorte de plus en plus soustrait à l’action de la loi de Darwin en réagissant contre le milieu, contre la nature et leurs lois fatales.

Dans l'humanité primitive, la faim et l'amour ont été les deux besoins fondamentaux et les seuls; aussi, à cette époque la lutte pour l'existence, brutale, ne devait guère différer chez l’homme de ce qu'elle pouvait être chez les espèces immédiatement inférieures : la force musculaire, la violence présidait aux combats et la loi du plus fort est seule maitresse. Mais, peu à peu, en mème temps que la civilisation s’accroit, le plus habile, le plus intelligent se substitue au plus fort; la concurrence remplaée la guerre : la forme violente et brutale de la lutte pour l'existence dans les premiers âges est progressivement écartée pour ètre remplacée par une forme moins violente, de plus en plus pacifique, qui fait à l’association, à la coopération une part de plus en plus grande.

A l'appui de cette thèse! les socialistes font valoir des remarques de MM. Hœckel et Spencer qui, eux-

1. Cf. sur ce point et en ce sens : NoviCOWw, Les lutles entre sociétés, leurs phases successives, Paris, 1893. — LERDA, La lolla per vita in Penserio Italiano, Milan, février et mars 1894. — TARDE, Les lois sociales, Paris, 1898, et un article de la Petite République du 12 juin 1898 : Georges RENARD, La mort de la guerre et de la concurrence. — WORMS, 0p. cit. — Gin, La solidarité en tant que programme économique (Revue internationale de sociologie, t. I, n°5, 1893). — Léon BOURGEOIS, Solidarité, Paris, A. Colin, 1896, et principalement,

Lutte ou Accord pour la vie, par un Professeur (Revue socialiste, nes 86, 113. 114, 1892-1894).

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mêmes, reconnaissent qu'à l’organisation militaire, essentiellement autoritaire de Ja première humanité, s'est substituée progressivement une organisation industrielle basée sur la division du travail, l’association, la coopération libre, ce qui nécessite une transformation, une atténuation de lutte pour l'existence. On peut invoquer également des thèses de M. Novi-,

cow, M. Bourgeois, M. Tarde, etc... qui confirment ces

vues.

« C'est le conflit des forces, la lutte brutale pour l'existence qui sont au point de départ, dit M. Bourgeois', et c'est par l'évolution des groupes, fortuitement constitués, vers un état plus élevé d'intelligence et de moralité, que l’idée d'une association se dégage et se précise, coordonne les forces hostiles en résultantes utiles à chacun et à tous, et, par un lent devoir prépare, sur les ruines de l’état de guerre et d’autorité, l'avènement du régime pacifique et contractuel. »

M. Tarde, qui cependant ne peut être accusé d’émettre des théories favorables aux socialistes, remarque que, comme la guerre, la concurrence qui lui succède évolue jusqu'au moment où sa disparition sera complète. |

« L'observation montre que tout état de lutte extérieure ou intérieure aspire toujours, finit par aboutir à

une victoire définitive ou à un traité de paix.

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