‹ Darwinisme et Socialisme des Sciences PolitiquesChapitre 5 sur 60 · HŒCKEL, op. cit., 5e leçon, p. 88 et 7e leçon, p · texte numérisé non relu

HŒCKEL, op. cit., 5e leçon, p. 88 et 7e leçon, p

9, Cf. SPENCER, Journal des Économistes, novembre 1895 ; — Le Principe de l'évolution, réponse à L. Salisbury, p. 345 : « La croyance régnante est doublement erronée, elle contient deux erreurs emboîtées ; c'est à tort que la théorie de la sélection naturelle ne fait qu’un avec celle de l’évolution 6rganique; c'est à tort encore qu’on identifie la théorie de l’évolution à celle de l’évolution en général. »

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de l’extension de la loi d'évolution au domaine sociologique, des conceptions des diverses écoles sur ce point, des arguments et des appuis qu’elles ont cru y trouver.

Quant à son extension au domaine sociologique, elle semble, tout au moins en son principe, assez généralement admise. ;

L'idée d'évolution, de « perpétuel devenir », est, du reste, très ancienne ; elle remonte à Démocrite (v® siècle avant J.-C.). A la fin du siècle dernier, l’école historique la proclame à nouveau et lui assigne en économie politique une place prépondérante, mais ce n’est guère que de nos jours, depuis le succès toujours grandissant des doctrines transformistes dans les sciences naturelles, qu’elle a également pris dans le domaine sociologique une importance considérable.

Cette théorie de l’évolution a, croyons-nous, le mérite incontestable, au point de vue social, de bien nous montrer à la fois, et le lien qui enchaïine les unes aux autres les institutions politiques et économiques qui se succèdent, et leur perpétuel changement : toute institution subissant une transformation continuelle qui la fait différer dans le présent de ce qu’elle était dans le passé et la fera différer dans l’avenir de ce qu’elle est dans le présent.

Que pensent donc les différentes écoles économiques et politiques modernes de cette loi naturelle et sociale

de l’évolution ? Se concilient-elles toutes également avec

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celle loi ? Quels arguments croient-elles pouvoir en tirer ? |

L'École libérale d’abord se trouve en contradiction formelle avec la doctrine transformiste de l’évolution. Elle admet, en effet, l'existence de lois naturelles, immuables, et par là même qu’elle ne peut modifier, des lois « que nous ne pourrions point changer quand méme nous le voudrions, parce que ce n’est pas nous qui les avons faites, et que du reste, nous n’avons point intérêt à modifier quand même nous le pourrions, parce qu’elles sont bonnes ou dn moins les meilleures possiblet, » Les lois qui gouvernent le monde social en ce qu’elles ont ainsi d'absolu sont en contradiction certaine avec”la loi de l’évolution qui cependant, elle aussi, serait en quelque sorte une loi naturelle, mails suppose, par son essence même, un perpétuel changement.

La conception de l'École chrétienne qui croit à l'existence de lois providentielles est à peu près analogue : cependant au lieu d'aboutir au célèbre « laisser faire » de la doctrine précédente, elle considère que ces lois ont été viciées par la liberté de l’homme et par là même elle laisse une plus grande part aux modifications partielles que ces lois peuvent

subir.

L'École historique et lPÉcole socialiste sont, au

1. GIDE, Principes d'Économie politique (3° édit.), p. 18. Paris, Larose et Forcel.

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contraire, en accord avec la théorie de lévolution : les deux écoles, en effet, se refusent à admettre des lois naturelles immuables.

Par son emploi de la méthode inductive, empruntée à l’histoire ; par la mise en relief de la relativité des institutions changeantes de peuple à peuple, d'époque à époque pour le même peuple; par l’enchaînement qu’elle aperçoit entre ce qui à été, est et sera, l’École historique, en même temps qu’elle démontrait la fausseté des lois naturelles aussi absolues que celles admises par l’École orthodoxe, a beaucoup contribué à vulgariser la théorie de l’évolution dans le domaine social.

Quant à l’École socialiste (le socialisme utopique, aujourd’hui sans représentants, mis à part),elle revendique comme principal caractère le qualificatif d’évolutionniste. D'après ses représentants, le socialisme est en accord absolu avec la loi de l’évolution. C’est, en effet, ce qu’on ne peut nier lorsque le socialisme affirme « que le monde économique actuel ne peut être immuable et éternel, qu’il représente seulement une phase transitoire de l’évolution sociale et qu’une phaseultérieure, un monde autrement organisé doivent lui succéder! »; il en est de même lorsqu'il considère

les lois naturelles d’A. Smith et ses successeurs comme

1. E. FERRI, Socialisme et science positive (Darwin, Spencer, Marx). — Paris, Giard et Brière, 1897, p. 86, IX. La théorie orthodoxe et la thèse socialiste devant la théorie de l'Évolution. — G. DEVILLE,

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essentiellement relatives où lorsqu'il dit : « Règles de morale, croyances religieuses, institutions juridiques, civiles et pénales, organisation politique, tout se transforme et tout est relatif au milieu historique et tellurique que l’on considère! ».:

Mais, lorsque cette même école prétend, au nom de l’évolution, comme conclusion dernière, que cette transformation doit aboutir à une organisation collectiviste ou socialiste, que « cette société future se dégagera d’elle-même de la société actuelle comme le papillon de sa chrysalide », n’y a-t-il pas exagération ? Il sera toujours difficile de prévoir le sens d'une évolution. La célèbre loi des trois États d’Aug. Comte, en tant qu’elle s’applique aux deux périodes théologique et métaphysique et même à l'avènement des conceptions positivistes, a une très grande valeur, mais ne perd-elle pas certainement une grande partie de cette valeur scientifique lorsqu'elle cherche à établir d’une façon précise, en quelque sorte mathématique, ce qui sera : elle risque d’aboutir à une fixité beaucoup trop absolue, à une sorte de néo-religiori comme cela est justement arrivé à Aug. Comte. La

même remarque peut être faite lorsque le socialisme

La Philosophie du socialisme, p. 2; br. 16 pages (sans date). « Ce qui caractérise par dessus tout le socialisme moderne, c’est qu'il sort directement des faits... Le socialisme n’est aujourd’hui que l'expression théorique de la phase économique actuelle de l’évolution sociale.

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