G. RENARD, op. cit., p
/ avantage, d’après ces mêmes théoriciens, le socialisme en assurant à chacun ce qui lui est nécessaire, en supprimant tout privilège ou monopole économique, en offrant à chaque individu des chances égales d’instruction, permettrait à ces déshérités, comme aux autres, un entier développement pour le bien et la prospérité
de tous.
HT. — L'’Accord pour la vie. — Association pour la lutte et solidarité". — En dernier lieu, les socialistes s'accordent pour tempérer la loi de la lutte pour l'existence par une autre loi qui la complète : la loi d’association pour la lutte, de solidarité.
Des volumes ont été écrits sur ce mot : « toutes les écoles sociales : anarchisme, collectivisme, socialisme chrétien, libéralisme même revendiquent la solidarité », et ajoute M. Gide « si la devise républicaine : liberté, égalité, fraternité, était à refaire, notre mot prendrait la place de l’un de ces trois termes et peut-être même
à lui seul les remplacerait tous les trois ».
1. Sur ce point cf. FERRI, 0p. cit., p. 44.— G. RENARD, p. 6 et 7-40. — MERLINO, 0p. ci. — E. GAUTIER, 0p. cil. — IZOULET, 0p. cit. — Léon BourGEoIs, Solidarité, Paris, 1896. — GIDE, De la solidarité en tant que programme économique. Revue internationale de sociologie, t. 1, no 5, 1893. — Dr J. PIoGEr, De la solidarilé sociale, nos 83, 84, 107, de la Revue socialiste. — HENRY, V. I, Le parti solidariste évolutionnaire, Paris, br. 1895. — KRO?OTKINE, La sociélé nouvelle, Paris, 1892. — F. DEVILLE, Apercu sur le socialisme scientifique. DE LANES- SAN, 0p. cit. — ESPINAS, 0p. cit. — R. WORMS, op. cil., p. 371 et suivantes. — Lulle ow accord pour la vie, par un Professeur. — Revue socialiste, 1892-93, nes 86, 113, 114, — FOUILLÉE, etc.
les
Devant un tel sujet, nous devons nous contenter, pour être complets, d’en exposer seulement le caractère général, à l’aide de quelques citations.
Nous avons vu que pour le socialisme, l’évolution de la lutte pour l'existence, de la concurrence vitale, consiste en son atténuation progressive : or, cette atténuation, cette transformation continue serait principalement le fait d'un phénomène qui, à l'inverse de la lutte irait toujours grandissant, phénomène, à la fois
naturel et social : la solidarité.
-Naturelle : la solidarité, a dit M. Ch. Gide, « est un fait d’une importance capitale dans les sciences naturelles, puisqu'il caractérise la vie. Si l'on cherche, en effet, à définir l'être vivant, l'individu, on ne saurait le faire que par la solidarité des fonctions qui lient des parties distinctes, et la mort n’est autre chose que la rupture de ce lien entre les divers éléments qui constituent l'individu et qui désormais désassociés vont entrer dans des combinaisons nouvelles, dans des ètres nouveaux. »
Et non seulement cet accord, cette association pour la vie existe entre les différentes parties d’un organisme, mais aussi entre les individus d’une même espèce dans
la lutte contre les autres espèces”.
1. GIDE, La solidarité en tant que programme économique (Revue Internalionale de sociologie, t. I, n° 5, 1893). 2, Cf. sur ce point, ESPINAS, op. cit. — DE LANESSAN, op. cit.
— Lulte ow accord pour la vie, n° 114, particulièrement p. 698-699.
Ainsi constitués en « sociétés animales » ces individus survivent; isolés, ils disparaitraient promptement. Par le fait de cette association, la lutte pour l'existence change ainsi de forme, et cela pour le grand bien de l'espèce qui vit en société.
Nous pourrions ici multiplier les citations et les exemples. Nous citerons seulement ces deux passages :
« Chez les animaux comme chez les plantes l'asso-
cation en vue de la lutte pour l'existence est une nécessité à laquelle les différentes espèces peuvent d'autant moins se soustraire qu'elles comptent davantage d’ennemis et que ces derniers sont plus redoutables 1 ».
«En généralisant, je puis dire que tous les individus isolés sont fatatalement supprimés dans la lutte pour l'existence contre le milieu extérieur, contre les végétaux où contre les animaux, tandis que ceux qui vivent en société échappent en partie aux mêmes ennemis et perpétuent leurs races”. »
« La vie en société, dit Kropotkine, rend les plus faibles insectes, les plus faibles oiseaux, les plus . faibles mammifères capables de résister aux plus terribles oiseaux ou bêtes de proie, ou du moins de se protéger contre leur atteinte ; elle prolonge la vie ; elle rend l'espèce capable de se reproduire avec la