FERRI, 0p. cût., D
2 C1 p. 6\et7, opicil:
3. IZOULET, op. cit., p. 683 : Le Problème divitiaire ; Économisme et socialisme, 8° conclusion.
lutte pour l'existence comme aboutissant à une sélec-
tion des meilleurs, comme une cause unique de
progrès. C'est un argument que nous avons
employé par M. H. Spencer.
vu
Les socialistes, à l’inverse, s'appuient pour répondre sur les sélections sociales:, principalement sur les sélections économiques qui conduisent non pas à la survie des meilleurs, mais à la survie des plus aptes (c'est-à-dire dans un milieu économique tel que le nôtre, des plus riches)?.
M. Ferri insiste particulièrement pour rejeter l’expression dont se sert M. Hæœckel: « survivance des meilleurs ou des mieux adaptés. » « Il faut supprimer l'adjectif meeulleurs. C'est là un résidu de ce téléologisme qui voyait dans la nature et dans l'histoire une finalité à atteindre au moyen d'une amélioration continue ». L'évolution ne se fait nullement, comme on l’a déjà remarqué, dans un sens donné par une marche continue, mais bien par une alternative d’évolution et de régression, de formation et de dissolution.
Aussi, la concurrence vitale n'est-elle pas toujours une source de progrès, elle peut également être une cause d'affaiblissement, suivant la sélection qu'elle exerce. C'est ainsi que dans l'humanité, par exemple,
où cette concurrence est le plus souvent viciée, l’avan-
1. Cf. FERRI, 0p. cit., p. 49. — BROCA, VACHER DE LAPOUGE, etc. 2, Cf. Ire partie (sect. I) ce que nous avons dit des sélections sociales du sélectionnisme (sect. I).
tage appartient souvent au mieux armé artificiellement.
« Dans les sociétés humaines, les combattants pour la vie sont dans des conditions d'inégalité étrangères à leur nature, les uns recoivent une instruction dont les autres sont privés, les uns profitent de capitaux dont les autres sont dépourvus. Dès lors le résultat de la lutte n'indique pas celui qui est réellement le meilleur, mais celui qui est socialementle mieux armét. » Mais, de là il ne faut pas conclure que la lutte pour l’existence? dans l'humanité, à l'inverse de la lutte animale, conduit toujours au dépérissement de l’epèce, à une dégénérescence.
Telle est cependant la thèse originale de M. Loria sur le Darwinisme social ; pour M. Loria, la lutte pour l'existence est essentiellement viciée dans l'humanité, et cela pour deux grandes causes :
1° Elle présente des caractères'opposés à ceux de la lutte animale, caractères qui permettent de la comparer au phénomène animal du parasitismef. La lutte économique fondamentale s’engagerait entre les propriétaires et les non-propriétaires et favoriserait tou-
jours ceux-là aux dépens de ceux-ci. « Tandis que les
f. G. DEVILLE, Aperçu sur le socialisme scientifique, p. 26, dans Le Capital de K. MARx.
2. Achille LORIA, Problèmes sociaux contemporains (Bibliothèque sociologique internationale, préface de M. Worms); Giard et Brière, Paris, 1897, 6e lecon, p. 115 : Le Darwinisme social.
3. Cf. MASSART et VANDERVELDE, Parasitisme organique et parasitisme social. Bulletin scientifique de la France et de la Belgique. XXW. Paris, 1893. |
animaux luttent avec leurs propres organes pour obtenir la quantité d'aliments qui leur est nécessaire, dans la lutte économique fondamentale, celle qui a lieu entre propriétaires est de s'emparer d'une certaine quantité de richesses par l'intermédiaire du travail d’une autre classe’. »
Or, entre des organismes indépendants la victoire appartient au plus fort; au contraire, dans les rapports qui s’établissent entre le parasite et sa proie, le parasite, le plus faible, triomphe.
Et, quand bien mème on voudrait soutenir que les propriétaires sont toujours les plus forts (ce qui n’est pas), cette analogie entre cette forme principale de la lutte économique et le parasitisme animal n'en existe rait pas moins, parce que « dans la lutte économique, exactement conime dans le parasitisme, les propriétaires vainqueurs n’acquièrent point des forces, ils en perdent, au contraire, dans l'indolence et lPinaction, tandis que les ouvriers qui sont nécessaires à leur existence, (comme les victimes des parasites sont nécessaires au parasite lui-même) ne disparaissent pas, mais végètent misérablement.. Et puisque la classe ouvrière est celle qui se multiplie le plus rapidement, la classe dégénérée par Ja bataille économique tend à devenir non seulement d'une facon absolue, mais relativement mème, de plus
en plus importante, de sorte que la dégénérescencetend