‹ DaubignyChapitre 22 sur 50 · XXII. — BORDS DE L'OISE · texte numérisé non relu

XXII. — BORDS DE L'OISE

Tandis que la critique, lors de ce Salon de 1859, s'attachait aux Graves de Villerville, au Soleil COUCHANT, à l'Effet de Lune, le public se laissait séduire par le charme et la fraîcheur plus sensibles des Bords de l'Oise.

ff Le succès du Bateau de l'Oise — écrit M. F. Henriet — prit les proportions d'un succès de vogue et Daubigny devint définitivement célèbre, h La simplicité de composition frappa surtout. «Les grands arbres frais et très vivants reflètent dans l'eau paisible leurs panaches ondoyants. C'est très profond et d'une simplicité de ligne et de couleur qui indique une main rompue à toutes les difficultés pratiques de l'Art. » (Maxime Du Camp). Avec plus d'ampleur que dans les Iles vierges A Bezons du Salon de 1851, la paisible beauté des rivières de l'Ile-de-France, se déroulant dans leur cadre de verdure touffue, se- dégageait de ces eaux paresseuses. » Ici la rivière s'encaisse, —

écrivait E. Chesneau, — entre deux masses de feuillage grandement éclairées, puis, filant toujours calme et transparente, elle se bifurque, embrassant dans son réseau limpide une lie verdoyante toute harmonieuse de pépiements, de battements d'ailes et de chants d'oiseaux ; à la pointe de l'île, une barque... et c'est tout. Quelques canards encore, je crois, et le paysage est complet. »

L'engouement du public pour cette toile fut tel qu'il eût pour Daubigny des conséquences imprévues. « Ce tableau — raconte M. F. Henriet — avait été d'autant plus vivement convoité des amateurs qu'il n'était pas à vendre. // appartenait à M. Nadar. Daubigny dût en faire une ou plusieurs répétitions, comme il avait déjà fait de l'ÉTANC DE Cylieu. Les marchands prirent le chemin du modeste atelier du quai d'Anjou : mais, ainsi qu'il arrive de tous les succès de vogue, celui-ci entraîna avec lui ses inévitables inconvénients. II fit de Daubigny le peintre assermenté des bords de rivières : amateurs ni marchands ne lui permirent plus d'aller chercher dans des pays plus sévères des inspirations plus élevées.»

Ce tableau, si important dans la carrière de Daubigny, a été acquis en 1843 par le musée de Bordeaux.

Parmi les reproductions qui en ont été publiées, citons les lithographies d'Emile Vernier et de A. Gautier, et aussi le bois que Peulot, le graveur préféré de Daubigny, a donné au Monde Illustré.

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