‹ DaubignyChapitre 4 sur 50 · V. — LES HIRONDELLES · texte numérisé non relu

V. — LES HIRONDELLES

Durant ces années de formation, Dauhigny produisit peu. C'est que, pour subvenir aux besoins de la communauté d'abord, de son ménage ensuite, il se trouvait réduit à accepter tous les travaux rémunérateurs qu'il pouvait trouver. Il entra tout d'abord dans l'atelier de restauration des Musées royaux que dirigeait Granet. Puis il dessina toute une série de vignettes pour prospectus commerciaux. Il fut employé quelque temps à composer et à graver sur bois des vues destinées à orner les livrets-guides des chemins de fer. « Je suis pour le moment — écrivait-il en novembre 1838 — courtier dessinateur sur bois de M. de Laborde, qui me commande des vues prises sur la route du chemin de fer de Paris à Saint-Cloud. » Mais ce fut surtout l'édition illustrée qui lui fournit ses principales ressources. Pendant plus de dix ans, il collabora aux publications les plus diverses et dispersa chez tous les éditeurs ses gravures sur bois et ses eaux-fortes : coins de Paris, monuments, tableaux de la vie des rues, scènes historiques, mais avant tout, paysages et sites rustiques.

Dans cette ceuvre fort inégale, l'ensemble le plus important et le plus caractéristique est celui qu'il exécuta pour le recueil que l'éditeur Delloye fit paraître en 1843, sous le titre de Chants et Chansons populaires de la France. Des treize planches dont fut chargé Daubigny. quelques-unes, l'Orage, le Rosier, O ma tendre Musette, Dans les Bois, furent particulièrement remarquées : (( Danses villageoises sous les arbres, moissonneurs qui s'en reviennent en chantant à la ferme, buveurs sous les tonnelles, filles et garçons qui s'embrassent sans malice. » (f. Henriet). u Ces gravures — écrit Jules Breton — ont été, vers 1840, l'un des plus chers régals de mes yeux. Elles charmèrent ma seconde enfance. Le croirait-on ? Elles ont dans leur pure ingénuité comme un sentiment du xvill^ siècle, le maniérisme de l'innocence, très sincère ici, mais qui les allie admirablement aux vers et à la musique qu'elles accompagnent.' O ma tendre Musette ! Comme cette humble et touchante merveille de Monsigny, faite de rien, a dû attendrir l'âme candide du jeune graveur qui en a si justement exprimé le charme doux comme la mélancolie jalouse d'un ange rustique. »

Nous reproduisons une des planches les plus complètes et les mieux réussies de ce recueil, LES Hirondelles, qui encadre des paroles de Florian. (F. H., no 20).

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