‹ DaubignyChapitre 6 sur 50 · AUX ENVIRONS DE CHATEAU-CHINON, LES BORDS DU · texte numérisé non relu

AUX ENVIRONS DE CHATEAU-CHINON, LES BORDS DU

Cousin près d'Avallon. qui lui valurent une seconde médaille.

Nous croyons reconnaître ce dernier tableau dans une toile fort intéressante de la collection Moreau- Nélaton. Le site a été identifié par M. Harpignies qui avait lui-même peint une pochade au même endroit et la pochade existe encore chez M. Moreau-Nélaton. Contrairement au catalogue (n° 44), qui date notre toile des environs de 1855, nous pensons qu'elle peut être considérée comme un des exemples les plus typiques de la première manière de Daubigny, telle que nous l'a fait déjà connaître le Saint-Jérôme. La nature est bien présente, mais avec tous les souvenirs du paysage classique, la composition arrêtée jusqu'à la sécheresse, l'exécution par endroits prudente et précise jusqu'à être un peu guindée.

Pour se dégager de cette influence d'école, Daubigny n'aura qu'à se laisser aller à son tempérament primesautier, plein de naturel et de bonne humeur, tel que nous le révèlent les lettres familières écrites au cours de ces voyages de découverte,

OU, selon l'expression si juste de Jules Breton, de ces (( campagnes du paysagiste ».

C'est sur l'invitation de son ami Deschamps que Daubigny avait fait sa première excursion dans le Morvan. Il écrivait à Ceoffroy-Dechaume, en octobre 1847 : <( Nous venons de faire une tournée des plus agréables, à excepter les cloques aux pieds et une soixantaine de livres sur le dos, plus les paysans qui ont failli nous faire mourir de faim. Du reste, ^ pour nous dédommager, nous avons un pays des plus pittoresques, rivières, cascades, bois, montagnes escarpées, etc. Nous manquons toujours les lièvres et les perdrix, inais ce qu'il y a de sûr c'est qu'elles ont très peur, et si nous ne les tuons pas, nous leur avons donné la fièvre plus d'une fois... »

La vie chez Deschamps ne manque pas de charme. H II y a du picton qui est fameux et l'enfilade de 30 feuillettes dans sa cave. J'ai été en goûter de plusieurs, mais c'est surtout celui de la côte Saint- Jacques que l'on goûterait bien toute une journée sans s'écceurer. »

Et cette belle humeur n'abandonne pas l'artiste quand il est au travail. Le voici à Laroche, près d'Avallon, où l'a peut-être arrêté le désir de peindre la toile ci-contre: « ... J'aspire après de belles matinées pour enlever un effet de matin que j'ai commencé sur les bords d'une petite rivière. C'est laque je voudrais te voir avec une ligne. Si j'avais le temps et que je sois pécheur l Je les vois se promener entre les roches, car c'est très rocailleux ; il y a même de la truite...» (Lettres inédites, communiquées par M. Ceoffroy-Dechaume. )

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