‹ DaubignyChapitre 8 sur 50 · IX. — LES PETITS OISEAUX · texte numérisé non relu

IX. — LES PETITS OISEAUX

En 1851, Daubigny réunit et publia en deux cahiers, une série de douze eaux-fortes. « Ce sont pour la plupart — dit M. F. Henriet qui décrit cet important ensemble — des souvenirs du Dauphiné, du Morvan ou des îles Bezons : des eaux paresseuses qui dorment sous les nénuphars, à l'ombre de leurs rives boisées, des bois silencieux, des sentiers solitaires où s'égarent les amoureux, de blondes et tièdes journées d'avril, avec de joyeux concerts d'oiseaux dans les branches, des vergers au printemps ; tout cela chatoyant, soyeux, plein d'air, de brises et de rayons, coloré comme des peintures, imprévu comme des croquis. Jamais ici l'outil du graveur ne prend le pas sur le sentiment du peintre. Daubigny n'a pas ses façons particulières de rendre les eaux, les arbres ou les terrains. Il se détermine selon son inspiration du moment. Il évite ainsi la monotonie

dans les travaux et ne se crée point d'habitudes. Mais bien que tout cela semble fait comme en se jouant, il est tel pourtant de ces petits tableaux... qui a dû coûter de longues heures de travail ininutieux et obstiné. C'est un de ces tours de force pour lesquels il faut des yeux de vingt-cinq ans et cette patience que l'on apporte à ces premiers ouvrages lorsque l'avenir s'ouvre enfin devant soi. »

Les Petits Oiseaux se rapprochent encore des compositions qui illustraient les Chants et Chansons populaires. C'est la même inspiration et la même naïveté. « Sur un chemin bordé de saules et de peupliers, dont les bourgeons n'attendent qu'un rayon de soleil pour s'ouvrir, un couple amoureux s'éloigne en se tenant enlacé. Mille oiseaux jaseurs sautillent dans les branches et vocalisent à l'envi ; il n'est pas jusqu'aux lapins qui ne prennent leur part de ces joies du renouveau.

Dans la marge, Daubigny a gravé à la pointe, en manière de légende, ces deux vers d'une chanson d'alors :

Petits oiseaux, le printemps vient de naître ; Oiseaux, chantez le printemps et l'amour.

Idylle charmante d'un frais sentiment et d'une exécution délicate. » (F. Henriet ; no 65 du catalogue),

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