INTRODUCTION XV
David, nous entreprîmes de composer le poème d'une cantate destinée, dans notre esprit, à rehausser l'éclat de la réception du buste. Notre poème était dialogué. Les personnages de cette scène lyrique, c'est à David que nous les avions demandés. La Jeune Grecque, Philopœmen, l'Enfant à la grappe, Condé, Bo7ichamps, André Chénier. Barra, Bernardin de Saint-Pierre avaient leurs stances dans cette composition. Des chœurs alternaient avec les voix de ces grandes ombres, rendant hommage au génie créateur qui les avait rappelées à la lumière. Notre ode triomphale terminée, nous l'offrîmes à M™^ David. Cet envoi nous valut une lettre flatteuse, soigneusement classée dans notre portefeuille d'autographes. Mais 'inauguration si souvent annoncée se fit encore attendre quatre années. Elle n'eut lieu qu'en mars 1863. Naturellement, notre poème n'avait pas trouvé de compositeur. Nous avons su depuis qu'il n'existait plus trace de ces rimes de jeunesse, et leur disparition, loin de nous attrister, nous rassure. Il ne messied pas d'attendre l'âge de la maturité pour s'essayer à l'éloge des maîtres.
Le jour de l'inauguration, nous dûmes renoncer à pénétrer dans la Galerie David, où Victor Pavie prononça un discours brillant, dicté par le sens critique le plus élevé, par l'amitié la plus vraie.
Ces échecs devaient-ils nous rendre moins chère la mémoire de David ? Nullement. C'est en 1863 que nous étudions son œuvre avec méthode. Nous nous appliquons à combler les lacunes, à éclaircir les doutes que laissaient subsister les écrivains qui s'étaient occupés du statuaire. Établir la chronologie de ses ouvrages n'était pas chose aisée. Toutefois, aidé par les indications de M™^ David, nous triomphons de l'obstacle, et en 1870, quelques semaines seulement avant que la guerre éclatât, avec ses