‹ David d'Angers et ses relations littérairesChapitre 15 sur 74 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

anxiétés et presque aussitôt ses deuils, nous mettions au jour un volume dans lequel étaient sommairement analysés la vie et l'œuvre de l'artiste.

La Notice dont nous parlons se fermait sur ces lignes : <r Ce n'est point la vie du sculpteur que nous venons d'écrire ; nous n'avons guère tracé que l'esquisse incorrecte d'une grande figure à laquelle il ne convient pas de consacrer seulement quelques lignes éparses ou une brochure, mais qui a droit au Livre. Il se fera. Souhaitons que ce soit l'œuvre d'un Angevin. »

Entre temps, au début de 1872, un photographe d'Angers, M. Lebiez, nous racontait cet épisode douloureux de l'année terrible. Un officier en garnison dans la ville lui avait commandé sa photographie. La facture du praticien pouvait s'élever à cinquante francs. Survient la déclaration de guerre. L'officier reçoit l'ordre de gagner la frontière menacée. Il vient trouver son créancier. « Je vous dois quelque argent, dit-il au photographe, mais en ce moment je n'ose disposer de mes épargnes. Acceptez en gage un objet précieux. C'est le premier buste qu'ait sculpté David d'Angers. Il est daté de 1810 et signé « David fils ». Il représente un jeune lieutenant, Angevin d'origine, Charles Poupard, ami du sculpteur. Je tiens à cet ouvrage. Si je reviens vivant de la campagne, je vous payerai ma dette et vous me rendrez le buste . Si je meurs, vous l'apprendrez par mon silence, et, dans ce cas, l'œuvre de David sera vôtre. »

Le triste pressentiment de l'officier s'était réalisé. Son silence ne laissait aucun doute sur sa mort. On savait d'ailleurs que le régiment dans lequel il commandait avait été enseveli sous les ruines de Bazeilles. « — Tenez-moi compte de la dette de l'officier, me dit Lebiez, et je vous cède le buste. Toutefois, si jamais mon débiteur donnait

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