‹ David d'Angers et ses relations littérairesChapitre 16 sur 74 · INTRODUCTION XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XVII

signe de vie, notre présent contrat deviendrait nul. J'acceptai. Le vaincu de Bazeilles est toujours muet, et depuis quinze ans le buste du lieutenant Poupard est au Musée David, oii il a été déposé sous réserve.

En 1873 j'étais à Paris. Le Livre que j'estimais mérité par David, j'espérais bien l'écrire. Un certain jour, la maxime de Shakespeare me traverse l'esprit. Quelle peut bien être cette maxime, direz-vous? Shakespeare a laissé bien des pages, et vraisemblablement plus d'une maxime est tombée de sa plume. C'est chose probable, mais la grande maxime du poète à'Hamlet et du Roi Lear, celle que chacun de nous doit connaître et mettre en pratique sous peine de ne jamais être quelqu'un, la voici :

« Je ne sais pas pourquoi j'en suis encore à me dire ceci est à faire, lorsque j'ai force et raison de le faire. »

Essayez parfois de méditer sur cette forte parole. Quiconque en saisira le sens donnera sa propre mesure. Elle est un stimulant à l'action soudaine. Elle est le désaveu des ajournements, des lenteurs chez l'homme, dont les jours sont comptés.

C'était le 25 décembre 1874 que le mot de Shakespeare nous était revenu. Le soir même nous tracions les premières lignes de la Yie du maître, achevée deux ans plus tard, imprimée en 1877, offerte au début de l'année suivante à M'"^ David, peu de semaines avant sa mort. La veuve du statuaire nous fit parvenir ce billet trop élogieux, mais bien touchant, tracé d'une main brisée par la maladie :

( Merci, Monsieur! je puis mourir. Maintenant notre nom vivra!

(1 l'Emilie David d'Angers. »

Page 1