XVIII INTRODUCTION
Il faut tout dire. Nous avions éprouvé quelque difficulté, dans les premiers mois de 1875, à vaincre les hésitations de M™"^ David au sujet de notre ouvrage. La veuve du maître avait espéré que la Vie de son mari serait composée par Victor Pavie. Au surplus, quelques lettres de David nous révèlent que Victor Pavie avait été constitué en quelque sorte comme le gardien autorisé d'une mémoire qui lui demeura toujours chère. Mais Victor Pavie, par un sentiment de réserve excessive, bien fait pour nous rendre perplexe, ne s'estimait pas préparé à entreprendre et. à mener à terme le récit d'une existence aussi remplie que celle du statuaire. Cette tâche séduisante l'effrayait. Nous l'avions entendu se retrancher derrière les années, les occupations, une santé chancelante. De ce côté, nous étions donc certain de ne pas empiéter sur les droits de l'amitié. Il nous fallait maintenant obtenir le concours bienveillant de M^^^ David afin de faire bénéficier notre travail des notes inédites, des détails intimes que seuls les proches d'un homme illustre sont en mesure de fournir avec exactitude.
Ce concours nous fut d'abord refusé.
Notre ennui fut profond. Les conséquences du refus de M™^ David pouvaient être fâcheuses pour notre livre. Si cruelle que fût notre déception, elle n'alla pas cependant jusqu'à nous faire renoncer à notre entreprise.
Des pièces assez nombreuses avaient été recueillies par nous dans les dépôts d'archives, dans les cabinets d'amateurs. Des lettres de la vingtième année adressées par David à l'un de ses camarades d'enfance étaient entre nos mains. Notre premier chapitre renfermait plus d'un trait curieux, ignoré, sur l'enfance du maître. Cette partie de notre œuvre terminée, nous oSrîmes à M""* David d'en entendre la lecture. N'était-il pas convenable qu'elle eût, le