‹ David d'Angers et ses relations littérairesChapitre 27 sur 74 · U DAVID D'ANGERS · texte numérisé non relu

U DAVID D'ANGERS

Cette ville, bâtie au milieu d'une mer de sable et dont les environs, cependant, finiront par se couvrir d'une végétation vigoureuse, a vraiment excité mon admiration. Il est curieux de voir des arbres gigantesques sortir du sable. C'est le triomphe de l'agriculture. Tous les ans elle conquiert et fertilise de nouvelles plaines de sable.

Nous sommes à Dresde depuis le 24 ; j'ai vu le grand littérateur Tieck ; j'ai déjà commencé son buste colossal. Tieck est la grande figure de la littérature allemande. Il a une tête digne de son génie. J'espère bientôt avoir terminé ce buste, et une petite statue que je fais d'après lui. Après cela nous irons à Weimar, à Stuttgard, à Nuremberg et à Munich, puis nous reviendrons en France par la Belgique.

Nous faisons dans chaque ville de nouveaux mis, que nous quittons avec le cœur bien serré, parce que nous pensons bien que nous ne les reverrons plus. A Berlin, il y avait bien des larmes qui roulaient dans les yeux, mais je rougis de le dire :

Plus je vis d'étrangers, plus j'aimai ma patrie!

Pourquoi mes pensées sont-elles souvent à Angers?

Ton dévoué ami de cœur,

David.

Nous avons souvent des nouvelles de Robert.

Collection Pavie. — Sur le peintre Wach, élève de Gros et aussi du baron Gérard, on peut consulter Nagler (t. XXI, pp. 30-34). Ghamisso, naturaliste, peintre, mais principalement coniiu par son curieux roman Pierre Schlemihl, posa devant David, qui voulut ajouter à sa collection le profil modelé du romancier. [Musées d'Angers, pp. 1S6, 354.)

David à Rauch.

Gratitude du maître. — Le sculpteur Rietschell. — Le buste de Ludwig lieck. — Fauteuil de modèle.

Dresde octobre 1834.

Mon bon et honorable ami, Je ne puis laisser partir votre élève sans le prier de se charger

ET SES RELATIONS LITTERAIRES 8n

de ce billet pour vous. Je ne puis vous dire combien je suis reconnaissant des soins obligeants qu'il m'a prodigués depuis que je suis ici. Je n'en perdrai jamais le souvenir et je serais bien heureux si un jour il me mettait à même de lui montrer toute ma gratitude. J'ai vu avec le plus vif intérêt ses ouvrages. J'ai vu aussi des dessins de lui, pleins du sentiment vrai de la nature. Je voudrais voir confier à ce digne jeune homme de grands travaux , car il y a de puissantes énergies dans cette âme d'artiste.

Gomme vous le pensiez, je n'ai pu résister au désir d'essayer le buste du grand littérateur. Sa tête est si monumentale ! si pleine d'expression qu'il m'a été impossible de ne pas chercher à fixer mes souvenirs autrement que par la pensée ! Le buste est presque achevé. Nous allons sous peu de jours quitter Dresde et nous acheminer vers Paris, le cœur plein de beaux et nobles souvenirs recueillis dans cette chère Allemagne.

J'avais oublié de vous donner le croquis du fauteuil qui me sert pour asseoir mes modèles. Je m'empresse de réparer cet oubli.

Présentez, je vous prie, mes respectueux hommages à Madame d'Alton, et croyez aux sentiments d'inaltérable amitié qu'a pour

vous votre tout dévoué de cœur,

DAvm.

Mille affectueux souvenirs de ma part à Monsieur Tieck.

Les lignes suivantes, en marge de la 1" page, sont écrites et signées de iM°>° David :

.le profite du peu de papier qui reste pour prier M. Rauch de vouloir bien assurer M'"^ d'Alton de mon affectueux souvenir et de croire à tous mes sentiments de considération et d'estime pour lui. Emilie DAvm.

Collection Eggers, à Berlin. — L'élève de Rauch, dont les bons offices ont (■•té si utiles à David, est Ernest Rietschell, sculpteur de mérite. Le maître français modela le médaillon de Rietschell pendant son séjour à Dresde. {Musées d'Angers, p. 154.) Le buste colossal de Ludwig Tieck, l'auteur des Contes populaires et des Voyages de Stei'ubald, (ul modelé à Dresde en octobre 1834. Le marbre, exécuté à Paris l'année suivante, fut offert au modèle. David modela en outre une statuette du littérateur, ainsi que son niédaWlon. {Musées d'Angei's,\t. 151, et David d'A7îgers, etc., t. I, pp. 292-298 ; t. II, p. 374.) A la lettre que nous donnons ici était joint un croquis à la plume représentant le haut fauteuil, monté sur deux marches, qui serrait au statuaire français pour poser commodément ses modèles.

8*î DAVID D'ANGERS

David à Victor Pavie.

La Walhalla, le Temple de l'honneur. — Le paj'sage. — Mission du sculpteur à notre époque. — Projet d'un monument aux grands hommes. — Ludwig Tieck. — Les peintres Friedrich et Retsch. — Carus. — Notoriété de Victor Hugo, Lamartine, Nodier, Balzac et Vitet en Allemagne.

Ratisbonne, le 6 décembre 1834.

Mon cher Victor,

Ce matin j'ai été voir la Walhalla, qui est à deux lieues de Ratisbonne. J'étais seul, car Emilie a été assez gravement indisposée cette nuit. Pour arriver au pied de la montagne sur laquelle est le monument, il faut traverser une immense plaine ensemencée de blé, et dans laquelle on ne voit pas un seul arbre. Il faisait un brouillard extrêmement épais. Le ciel semblait se confondre avec la terre. Seules, quelques lignes brunâtres faisaient pressentir par intervalles la terre. Les hommes, pareils à des ombres gigantesques (car le brouillard allonge les objets parce qu'il empêche de percevoir des points de comparaison), erraient dans ce vague. Une croix, quelques ombres à genoux : c'étaient des paysans chargés de fardeaux qui se rendaient au m^arché de Ratisbonne. Enfin, j'ai traversé un village composé de masures, et dont l'unique rue n'a sans doute pas été repavée depuis Gharlemagne. En sortant de ce village, on commence à gravir la montagne. A une assez grande hauteur, on trouve une église et des stations de distance en distance sur lesquelles sont des peintures qui représentent la vie de Jésus-Christ. On continue à gravir par des sentiers très étroits et extrêmement rapides, et à travers une forêt de chênes dont les feuilles desséchées contrastent avec la verdure de quelques grands sapins qui sont là comme un symbole de l'espérance.

Différents sentiers vont en descendant vers la plaine, c'est pour ceux qui n'ont pas le courage de persévérer. Enfin, on arrive sur le sommet. La première chose qui frappe la vue, c'est le monument enveloppé depuis la base jusqu'à la toiture d'une enceinte de planches de sapins très bien jointes. Ceci est pour empêcher la gelée de causer du dégât. Cette enceinte est le cercueil du temple en construction; il en sortira un jour brillant comme

l'àme sort du tombeau. Le temple est actuellement construit jusqu'à la corniche, et les colonnes qui l'entourent sont déjà sorties du sol à plus de huit pieds. Tout le monument sera en marbre blanc tiré des carrières de Salzbourg. L'intérieur sera revêtu de marbre rouge, extrait aussi des carrières de la Bavière.Les bustes en marbre se détacheront parfaitement bien sur un pareil fond. Il y aura six statues de la Victoire qui orneront l'intérieur. Un immense escalier entre les rochers descendra du monument au Danube, qui coule au pied de la montagne. On m'a dit que de cette montagne on avait une vue admirable. Pour moi, j'avoue que ce brouillard qui cachait la terre me paraissait plus poétique qu'un ciel pur et sans nuage. C'est bien là ce qui caractérise le Panthéon du Nord, le Paradis invisible à la terre. L'idée d'avoir élevé ce monument à la gloire est grande et morale; elle rendra les hommes meilleurs. Quelle noble mission les artistes ont à remplir, en consacrant les grandes actions qui honorent l'humanité ! C'est l'art bien compris qui ramènera l'esprit humain à la morale pure comme elle a été enseignée par le Christ.

Les artistes, en donnant une forme à la vertu, la rendront plus visible et plus compréhensible aux masses sur cette montagne. Devant un admirable monument, involontairement ma pensée se porte vers notre cher Anjou. Dans un de ces moments de délire d'imagination, je voyais s'élever sur les rochers de la Pointe, près la Pierre-Bécherelle, un monument simple, mais d'un style noble comme sa destination, et les bustes des hommes remarquables de l'Anjou et de tous les pays venir y prendre place. Quelle gloire pour notre pays, et même, puisque notre siècle est si positif, quelle source de prospérité; car les monuments attirent les voyageurs! Je serais bien heureux si un pareil projet s'exécutait! J'y contribuerais bien de tous mes moyens.

J'ai tant vu, tant admiré dans ce voyage qui doit laisser des traces profondes dans ma mémoire, qu'il m'est bien difficile de savoir par oii commencer à l'écrire de tout cela. Berlin, Dresde, Nuremberg, Weimar! J'ai des volumes de sensations pour chaque ville. Nuremberg, c'est quelque chose d'étourdissant. Là au moins on est consolé, on oublie les infernaux démolisseurs.

Dresde est aussi la ville la plus poétique que je connaisse. Et ses grands hommes, Tieck! et Friedrich! le seul peintre de paysage qui ait eu jusqu'alors le pouvoir de remuer toutes les

facultés de mon âme, celui enfin qui a créé un nouveau genre : la tragédie du paysage. Et Retsch, l'homme de génie, de grand génie, aussi bon qu'il est grand! Et Garus, grand peintre, grand médecin, grand naturaliste, faisant faire des progrès à la science dans toutes les branches dont il s'occupe! Et ces hommes -là vivent modestement à Dresde!

Demain matin, nous partons pour Munich où nous resterons huit jours. De là à Stuttgard, et ensuite en France. J'espère que nous y serons quelques jours avant le premier janvier.

Adieu, cher ami, embrasse ton père et Théodore pour moi et crois toujours à mon éternelle amitié,

David.

Tous nos littérateurs sont ici connus, lus et la plupart admirés. Hugo, Lamartine et Nodier, qui est la grande figure littéraire pour l'Allemagne ! Balzac est adoré, mais ce qui t'étonnera sans doute c'est que Vitet a une réputation colossale pour son ouvrage sur les Barricades. On rend justice à notre jeune littérature, qui est, à îa vérité, étincelante de talents. En Allemagne, il ne reste plus que quelques hommes bien rares, qui sont là, comme dans une forêt, où l'on a fait une grande coupe , on laisse de distance en distance de grands arbres pour consoler de la perte des autres et pour cacher la petitesse des rejetons! Il fautdire que la jeune littérature en Allemagne est remarquablement faible.

Je ne sais si tu pourras lire ce croquis informe de lettre. Si tu savais comme je suis poursuivi par le tems ! Adieu, à revoir, à bientôt.

Collection Pavie. — La Walhalla ou Temple de l'honneur, construite sur une colline de cent mètres d'élévation, a coûté plus de trente et un millions. Les travaux, commencés en 1830, ne prirent fin qu'en 1842. Rauch,Schwan- Ihaler, Wagner.Rietschell ont concouru à la décoration intérieure du temple dont Klenze a été l'architecte. La Pierre-Bécherelle était, à l'époque où écrit David, un bloc gigantesque émergeant au bord de la Loire, à l'embouchure de la Maine. Le tracé du chemin de fer d'Angers à Nantes a nécessité le nivellement d'une partie notable de cette roche, et l'artiste n'estimerait plus aujourd'hui qu'il fût possible de faire de cette élévation la base d'un monument quelconque. Friedrich, le paysagiste, Retsch, le peintre d'histoire et de portraits, reçurent de David leurs médailles modelées ad vivwn et dnU'C^ de 1834. {\fusées d'Angers, p. 155.) Le maître fit plus pour Carus, mudecin et peintre; il sculpta son buste de proportions colossales et modela son médaillon. {Musées d'Angers, pp. lol-152.)

David à Victor Pavie.

Maladie du maître. — Edition projetée des Poésies de Du Bellay. — Le cimetière d'Angers. — La Gerbe. — Modestie du statuaire. — Le médaillon de Schelling.

Paris, 28 janvier 18^5.

Mon cher Victor,

Ces lignes sont les premières que j'écris depuis un mois que je suis à lutter contre la maladie. Tout me fait espérer que je serai hors de cet ennui dans quelques semaines, puisque je suis en convalescence et que chaque jour le mieux se fait sentir.

J'ai reçu ta lettre dernière avec bien du plaisir. Je te félicite bien du parti que tu as pris de rendre au monde notre vieux poète angevin. Je suis persuadé qu'en fouillant encore plus profondément, tu trouveras quelques vieilles légendes dont tu pourras tirer parti.

Tu me parles de l'intention que tu as de mettre le fragment sur un cimetière d'Angers, dans la Gerbe ; je ne sais si c'est la maladie qui me rend p'us timide, mais je t'avoue que je suis elïrayé de cette résolution qui t'a été inspirée par ton extrême amitié pour moi.

Ne sachant pas écrire, le style doit être nécessairement mauvais. Je sais bien que ma prose est l'expression naïve, spontanée d'un pauvre cœur cruellement déchiré, mais cela seul suffit-il à une époque comme la nôtre où il y a tant de personnes qui font souvent plus attention à la manière dont une idée est présentée qu'à l'idée elle-même? Dans le fragment en question il y a des phrases qui pourraient déplaire aux Angevins. En plus d'un endroit on me reconnaîtrait trop et alors je ne serais pas ménage, et je désire que les voyages que je ferai à Angers soient toujours aussi agréables pour moi qu'ils l'ont été par le passé. Je livre toutes ces réflexions à ton bon jugement. Après cela^ nous avons toujours ton père dont le jugement est si sûr; nous pouvons en toute sûreté nous en rapporter à ce qu'il décidera.

Adieu, mille tendres choses à ton père et à Théodore de ma part et crois aux sentiments que t'a voués ton ami de cœur,

DAvm.

P. S. — J'ai été seul à Munich; j'y ai passé cinq jours. J'y ai fait la médaille du célèbre Schelling.

Collection Pavîe. — Le « vieux poète angevin » dont parle ici David est Joachim Du Bellay, dont Victor Pavie, un instant imprimeur, a publié les « Œuvres choisies » précédées d'une notice par Sainte-Beuve (1841, gr. in-8°). Un prospectus chaleureux signé de Victor Pavie valut à l'éditeur l'adhésion de trente souscripteurs! David aimait à visiter les cimetières, et au retour de ses excursions aux champs de repos il avait coutume de noter ses impressions. Le fragment que Pavie se proposa de publier dans la Gerbe a été en partie inséré par nous dans le Supplément littéraire du Figaro, le 1" novembre 1884. C'est dans un cimetière, David l'a raconté luimême, qu'ayant aperçu « une petite fille à genoux sur un tombeau épelant avec son doigt l'inscription qui y était gravée », il s'inspira de cette rencontre pour composer la Jeune Grecque au tombeau de Marco Botzaris. (David d' Angeles, etc., t. I, p. 172 ;-t. II, pp. 344-345.) La Gerbe, recueil de prose et de vers fondé par Victor Pavie, Adrien Maillard et plusieurs autres écrivains de l'Anjou, n'a eu que trois années d'existence (1834-1836, 3 vol. in-8"). Le médaillon de Schelling, modelé d'après nature, porte la date de 1834. {Musées d'Angers, p. 136.)

LXXXYII

Eugène Delacroix à David.

Camaraderie. — Une œuvre de Prud'hon. — Le médaillon de l'impératrice

Joséphine.

Paris, ce 10 mars 1835.

Mon cher ami,

Madame de Forget me dit que vous n'avez pas vu le superbe portrait de Prud'hon de l'impératrice Joséphine qui se trouve dans ce moment chez Madame de Querelles, sa cousine. Je crois que vous devriez le voir avant de faire le vôtre : cela me paraît très ressemblant quoiqu'idéalisé, et cela ne peut que vous servir beaucoup. Elle se reproche vivement de n'avoir pas pensé jusqu'ici à vous en parler et vous fait dire que vous pourrez le voir chez Madame la comtesse de Querelles, rue de Matignon, 14, n'importe à quelle heure, même le matin : vous auriez seulement la bonté,

dans le cas où elle n'y serait pas, de dire pourquoi vous venez. Recevez, mon cher ami, mille amitiés bien dévouées,

E. Delacroix.

Collection David d'Angers. — Le médaillon de l'impératrice Joséphine, l'un des plus achevés que l'artiste ait modelés, est sans date. {Musées d' Angers,t^. 199.) La baronne de Forget, nommée dans cette lettre, reçutde David en 1847 son propi'e médaillon. (Ibid., p. 193.)

LXXXYIII

David à Rauch.

Le buste de Rauch. — Les médaillons de Schinkel et de Klenze.

Taris, 1-i mai 1835.

Mon bon et cher collègue,

En arrivant à Paris j'ai été pris d'une violente maladie qui m'a retenu longtems au lit, etd'autrepart j'attendais l'occasion d'une personne de ma connaissance qui devait passer par Berlin pour aller en Russie, mais voilà que cette personne a changé de direction : elle s'est embarquée au Havre pour Hambourg, me voilà donc réduit à vous écrire par la voie ordinaire.

Il y a assez longtems que j'ai reçu la caisse contenant votre buste et les autres objets. Tout est arrivé en bon état. Votre buste est très avancé en marbre. A mon retour de Marseille (car je pars avec Emilie, dans quelques heures, pour cette ville), J'espère vous envoyer et bustes et médaillons pour nos amis. Je pense bien souvent à mon voyage d'Allemagne. Je pense à vous, si bon, si grand artiste, et que j'aime tant. Je veux croire que vous vous rappellerez quelquefois que vous avez à Paris un homme qui vous est bien dévoué de cœur. Dites à M. Schinkel que si je n'étais pas si pressé par mon départ je lui aurais écrit. Dites-lui bien que nous n'oublierons jamais l'aimable réception qu'il nous a faite dans sa famille si intéressante, si bonne! Rappelez-nous aussi au souvenir de M. et M"<= Bcûte. M. Beiite m'a adressé un jeune fondeur, mais il m'a été impossible de le conduire chez notre fondeur, comme M. Beûte paraissait le désirer.

Adieu, recevez l'assurance de l'entier dévouement de votre

collègue et ami de cœur,

David.

En envoyant à M. Schinkel sa médaille je lui enverrai celle de M, de Klenze, comme à ce dernier je vais envoyer celle de xM. Schinkel.

Les lignes suivantes sont écrites et signées par M""^ David:

Je prie M. Rauch devouioir bien me rappeler au souvenir affectueux de M™^ d'Alton. Je songe souvent à elle, à ses jolies petites filles et au petit garçon, dont elle est si fîère. Je le prie aussi de ne pas m'oublier près deM"^ Schinkel, safamille,M™^Wichmann, etc., et de recevoir pour lui l'assurance de mon admiration et de mon affectueuse considération.

Emilie David.

Collection Eggers, à Berlin. — La médaille de l'architecte Charles-Frédéric Schinkel porte le millésime de 1834 ; celle de Louis-Léon de Klenze, architecte bavarois, est datée de la même année. {Musées d'Angers, p. 134.)

Xavier Marinier à David.

La statuette de Ludwig Tieck. — Projet de médaillon.

Paris,... mai 1835(7).

Monsieur,

Je vous remercie de tout mon cœur de cette charmante statue de Tieck que vous avez bien voulu m'envoyer. Rien ne pouvait me faire plus de plaisir. Je l'ai placée sur ma cheminée. C'est tout à la fois un souvenir de poète, et un souvenir d'artiste.

Voici quelques livres allemands, pris au hasard dans ceux que les journalistes d'Allemagne m'envoient de temps à autre. Je désire qu'ils puissent intéresser M'"^ David, et vous me feriez un bien grand plaisir si vous vouliez les accepter. Une fois que j'en ai rendu compte, je n'en ai plus aucun besoin, et c'est si peu de chose que j'ai honte de vous les offrir. Plus tard j'en aurai peutêtre d'autres qui seront meilleurs, et je les mettrai à votre disposition.

Je serai coraplètemeut libre toute cette semaine, et je profiterai avec joie de l'offre que vous avez bien voulu me faire. Quand vous aurez un moment, écrivez-moi un mot. Je serai fier d'aller poser devant vous.

Adieu, Monsieur, recevez l'assurance de tous mes sentiments.

Votre dévoué^

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