‹ David d'Angers et ses relations littérairesChapitre 3 sur 74 · IV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

IV INTRODUCTION

nos appréciations personnelles sur l'art durant la première moitié de ce siècle, il ne saurait être question dans ce volume.

Editeur responsable, mais non pas auteur, tel est le titre qu'il nous siérait de prendre au sujet de cette publication.

Souhaité bien plutôt que prémédité, ce recueil a pris forme à la suite de circonstances imprévues. La majeure partie des lettres qui le composent étaient conservées par un homme de grand cœur et de haut esprit, Victor Pavie, concitoyen de David d'Angers, « ami et fils d'ami», comme il aimait à le dire de lui-même, lorsqu'il voulait marquer son rang dans le cercle intime du statuaire.

Victor Pavie, plus âgé que nous de trente années, voulait bien nous honorer de son affectueuse estime. Déjà, lorsque nous composions la Vie du maître, Victor Pavie nous avait communiqué de précieux fragments de la correspondance de David avec Louis Pavie, son père. Plus timide, plus réservé à l'endroit des lettres dont il était le destinataire et souvent l'objet, Victor Pavie avait désiré que de son vivant on ne révélât pas au public ce que pensait de lui David d'Angers. Sa modestie prenait ombrage d'une amitié dont il était fier, et que ni l'absence, ni les divergences d'opinion sur bien des points, ni l'inégalité des conditions n'avaient refroidie ou troublée, ne fût-ce qu'un seul jour, pendant une période de plus de trente ans. Même silence d'ailleurs de la part de Victor Pavie à l'endroit de ses relations avec Victor Hugo, Sainte- Beuve, Delacroix et maint autre à qui le succès, le bruit, le renom durable, la gloire entrevue sinon déjà possédée ne firent point oublier l'homme d'élite, le sage réfugié, là-bas, dans sa province, sous le ciel tempéré de l'Anjou, près

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