‹ David d'Angers et ses relations littérairesChapitre 4 sur 74 · INTRODUCTION V · texte numérisé non relu

INTRODUCTION V

des rives toujours vertes de la Loire aux flots d'or, loin de la presse qui aide aux réputations, loin des académies qui les consacrent, loin de Paris, enfin, où, de nos jours, les forces intellectuelles demeurent centralisées et se développent par le contact, la lutte ou l'assimilation. Combien parmi les illustres amis de Victor Pavie qui le considéraient comme un esprit supérieur et le proclamaient volontiers l'un de leurs pairs!

David ne s'était pas soustrait au charme de cette intelligence prime-sautière, de ce cœur droit et enthousiaste. Heureux de donner confiance à son ami, le statuaire écrivait avec abandon, avec chaleur, à Victor Pavie. Celuici 'disparu, il ne nous semble pas qu'il y ait lieu de faire aucune restriction sur les éloges qu'il s'est attirés. Où le destinataire se plaisait à voir quelque hyperbole, nous ne découvrons que l'expression juste d'appréciations encourageantes, souvent flatteuses, mais avant tout sincères et méritées. Les proches de Victor Pavie auront donc bien servi sa mémoire en nous permettant de transcrire plusieurs centaines de lettres du sculpteur pieusement gardées par celui qui les avait rerues.

En possession de ces manuscrits, nous nous sommes adressé au fils du statuaire, M. Robert David d'Angers, qui, avec une parfaite bonne grâce, nous a confié non seulement les réponses de Victor Pavie, mais les autographes des contemporains du maître, saluant en lui de tous les points du monde un artisan de leur gloire.

Cette fois, nous nous sentions trop riche.

Sous peine d'offrir au lecteur un ensemble d'écrits également curieux, mais sans unité, nous étions tenu de procéder à une sélection sévère.

Un livre est une construction, petite ou grande. Tout

Page 1