‹ David d'Angers et ses relations littérairesChapitre 6 sur 74 · INTRODUCTION VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION VII

Donnons tort au poète. Montrons que David vivant a compté d'illustres amitiés.

Les néologismes les plus barbares ont cours aujourd'hui parmi les lettrés qui ne craignent pas d'avouer en quelle estime ils tiennent un autographe, une pièce manuscrite signée par un maître. Ce sont là, disent-ils, des « documents humains ». Il ne faudrait pas presser beaucoup cette locution bizarre pour se convaincre do ce qu'elle a de prudhommesque. Tout ce qui tient à l'homme est « humain ». Toutefois, nous prenons acte du barbarisme en vigueur.

Il est l'indice d'une préférence, d'une vogue qui suffiraient peut-être à justifier notre publication nouvelle.

L'époque actuelle manque de sérénité. Tout le monde parle, tout le monde écrit. Dans ces conditions, sortir du rang est malaisé. Les littérateurs ne constituent plus une élite : ils sont la foule. La science, le talent, qui autrefois étaient le patrimoine d'intelhgences aptes à féconder les germes, à porter des fruits, apparaissent à l'état de pailles légères, sans consistance et sans durée, à la surface de toute glèbe, je veux dire de chaque cerveau de vingt ans. Plus de racines vigoureuses, plus de chênes en espérance, mais, en revanche, partout des herbes folles et un peu de poussière en perspective.

Que font, dans ce tumulte, les gens avisés, peu soucieux de scruter leurs propres pensées et, par contre, impatients d'acquérir le renom d'historiens?

On les voit exhumer quelques pièces poudreuses, des chartes, des lettres revêtues de hautes et fières signatures, et ils éditent ces pièces. Inscrire son nom au-dessous de celui d'un diplomate, d'un capitaine, d'un ministre, d'un' chef d'empire ou d'un artiste, n'est point une maladresse. Le reflet d'une gloire ancienne projeté sur la réputation

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