‹ David d'Angers et ses relations littérairesChapitre 7 sur 74 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

d'un lettré da nos jours n'est pas de nature à compromettre les intérêts de notre contemporain. Le passé qui se mêle au présent le grandit. C'est ce qui explique, n'en doutez pas, le nombre considérable de publications «documentaires » mises au jour à notre époque. Les historiens de l'avenir ne se plaindront pas de notre penchant pour les livres de cet ordre. Nous traçons la voie, nous nivelons le sol. Le penseur de demain bénéficiera de notre labeur d'aujourd'hui.

Conclusion : mobile intéressé, résultat heureux. Mais, nous-mêmes, n'aurions-nous pas cédé comme tant d'autres au désir de rapprocher notre nom de celui d'un maître disparu? Notre ambition aurait-elle été que la même page parlât au public de David d'Angers et de nous? Evidemment non. Ce rapprochement, honorable pour nous, est chose faite depuis longtemps. Autre a donc été notre but.

Toute gloire humaine, si grande qu'on la suppose, rencontre tôt ou tard un juge implacable : le Temps. Or, ce dieu terrible, à la différence des juges de la terre, qui tour à tour absolvent ou condamnent, est invariable dans son verdict. La sentence qu'il prononce est toujours la même : l'oubli. Les natures généreuses ne s'accommodent point de cette impassible sévérité. L'homme s'impatiente ; le penseur se révolte en face de cette incessante condamnation. Il se sent humilié par ce jugement uniforme qui toujours frappe sur ceux dont les exemples, les vertus, le génie seraient un appui ou une leçon pour leurs descendants.

C'est alors qu'on voit se dresser, dans sa conscience, l'être d'un jour qui s'en prend aux siècles, l'atome intelligent qui tient tête à la force aveugle. Et, pour une heure, l'inconnu décroît. L'oubli se sent troublé dans ses

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