‹ David d'Angers, sa vie - ses œuvresChapitre 9 sur 18 · TOM B K A U DU GÉNÉRAL VEN DE K N BON CH AM PS · texte numérisé non relu

TOM B K A U DU GÉNÉRAL VEN DE K N BON CH AM PS

Mlle Émilie Maillocheau qui, orpheline de bonne heure, fut élevée par Mme La Révellière-Lépeaux, sa grand’mère.

A peu de distance de cette époque, David, qui n'avait pas oublié son bienfaiteur, fît le buste de Lacépède, le savant qui lui avait fait parvenir, au moment où en 1811 il allait entrer en loge, la somme de cinq cents francs, pour l'aider dans ses travaux et soulager aussi son peu d’aisance.

Au Salon de 1824, David eut une exposition très importante. Il envoya onze ouvrages. Au nombre des bustes, celui de Desgenettes, un basrelief pour un des œils-de-bœuf de la cour du Louvre représentant F Innocence et la Justice , et enfin la statue de Bonchamps , dont F inauguration eut lieu à Saint-Florent-le-Vieil, le 11 juillet 1825.

Sur une gravure de ce monument, que le statuaire offrit à son ami Dévéria, il écrivit : « Mon père était un des quatre mille prisonniers dans l’église de Saint-Florent, dont Bonchamps a demandé la grâce avant de mourir. En exécutant ce monument, j’ai voulu acquitter, autant que cela m’était possible, la dette de reconnaissance de mon père. »

BRILLANT DEBUT

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DAVID D’ANGERS

Beaucoup plus tard, le 17 septembre 1854, David écrivait à son ami l'archéologue Benjamin Fillon :

« Un jour, je vous enverrai le médaillon de Bonchamps. Cet homme a légué à l’avenir une leçon de générosité à tous les partis qui se dévorent dans les guerres civiles. Mon père lui a dû la vie, car il était un des prisonniers républicains enfermés dans l’église de Saint- Florent, avec aussi le Bégulus nantais Houdaudine, dont j’ai eu aussi l’honneur de faire le portrait que je vous enverrai.

« Après le combat, il n’y a plus d’ennemis, ce sont des frères égarés, mais ce sont nos frères, et d’ailleurs, nous autres artistes, nous sommes les historiens des traits. J’ai du marbre et du bronze pour le génie, la vertu et le courage héroïque, je n’en ai point pour les tyrans ou les Bothschild. »

En 1 826 , le monument de Fénelon est inauguré à Cambrai. Dans un des bas-reliefs qui décorent le piédestal, Fénelon, précepteur du duc de Bourgogne, est représenté au moment où il apprend à son royal élève que les princes doivent

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s'inspirer de leur cœur dans le gouvernement des peuples.

De Cambrai, David se rendit à Bruxelles. Il avait embrassé, à Angers, M. Delusse, son premier maître, il voulait revoir le second, le grand peintre, le conventionnel Louis David, proscril depuis la rentrée des Bourbons. Arrivé trop tard, il ne put que déposer sur son cercueil une couronne avec ces mots : « Un élève reconnaissant est venu sur. cette terre étrangère saluer ta dépouille mortelle et il laisse sur la tombe ce faible tribut de son admiration. »

GLORIEUSE CARRIÈRE

Le 5 août 1826, David fut élu membre de l’Institut, au premier tour de scrutin, en remplacement deStouf. Quelques mois après, le 7 décembre, il fut nommé professeur à l’École des Reaux-Arts, au premier tour aussi.

C’est à partir de ce moment qu’il se consacra tout entier à Y art national . « Me voilà nommé professeur, écrit-il, à présent mon sort est fixé, je suis libre de céder à ma pente. Je pourrai choisir des sujets moraux grands et généreux. La sculpture est une langue divine pour honorer les grands hommes, et le sort m’a singulièrement favorisé en me mettant à même de fixer l’image de plus d’un homme illustre de ce temps. »

On lui confie la statue du Général Foij, qui

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est sur son monument au Père-Lachaise. Dans les bas-reliefs, il reproduit les traits de tous les hommes politiques remarquables du temps(l S27). On peut dire que c’est à partir de cetle époque surtout qu’il écrit « l’histoire de son temps » par ses médaillons.

David avait été chargé par la Commission d’exécuter ce monument, aucune des esquisses du concours n’ayant été jugée satisfaisante par elle. Un des concurrents évincés avait conçu contre lui une haine implacable. Un soir que David sortait de chez son ami de Gisors, architecte au Luxembourg, pour aller à une soirée chez le peintre Gérard, il fut attaqué et frappé à la tête près de l’abbaye Saint-Germain des Prés par un homme qui, en même temps, lui prit son

manteau et sa montre, pour donner le change. Un ouvrier qui passait, le releva; mais craignant d’être pris pour l’assassin, il se sauva après avoir toutefois lavé le front de David, inondé de sang, à l’eau de la fontaine près de laquelle il était tombé.

il fut transporté chez lui par d’autres passants charitables. 11 faillit mourir. Mais, bien que connaissant parfaitement son assassin, un

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statuaire aussi, pressé de questions par la police, il ne voulut pas le nommer.

Il fît aussi, pour le Père-Lachaise, la sculpture du Tombeau du maréchal Suchet , son buste et un bas-relief représentant la Victoire inscrivant sur un canon les batailles où se distingua l’illustre maréchal.

Rouget de Lisle, qu’il avait été trouver, 28, rue du Battoir, sous prétexte de lui remettre, de la part de l’abbé Grégoire, le conventionnel, une somme d’argent que celui-ci avait recueillie en vendant sa musique pour lui venir en aide, posa, non sans peine, pour le médaillon colossal que David a laissé de lui. L’auteur de la Marseillaise, en effet, abîmé de rhumatismes, était enveloppé dans des couvertures de laine et complètement anéanti. Le statuaire ne put le retrouver qu’en lui faisant conter l’histoire de notre hymne national.

La même année, il exécute, en marbre, la statue d’unejeune fille qui, couchée, épèle le nom de Marco Botzaris. C’est ainsi qu’il représentait la jeune Grèce sur le tombeau du héros de l’indépendance grecque tué à Missolonghi.

Béranger venait d’être condamné à la prison

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pour ses Chansons inédites , au moment où David devait faire son buste. Il n’y avait pas de temps à perdre. Le peintre Ary Scheffer devant aussi faire son portrait, ils se mirent tous deux à l’œuvre la veille de son entrée en prison, l'un avec sa terre glaise, l’autre avec sa palelte, et ils enlevèrent en une journée le buste et le portrait peint du chansonnier populaire.

David avait aussi exécuté en carton-pâte la frise de LOdéon, grand et intéressant travail qui décorait les galeries du théâtre, avec la reproduction de nos grands auteurs dramatiques et leurs plus belles œuvres. Il y avait aussi un plafond représentant l’Olympe. Tout cela fut détruit lors de l’incendie de ce théâtre.

L’enterrement du général Lamarque (1832) fut l’occasion d’une sérieuse émeute. 11 y eut des barricades et collision entre les troupes et le peuple. David avait été sur la place de la Bastille où le corps du général, traîné sur un char par la jeunesse des écoles, était arrivé au milieu d’une très grande effervescence. « En quittant le faubourg Saint-Antoine, écrit-il, je longeai une petite rue qui avoisine Saint-Merry. Une charge d e cavalerie eut lieu. Tout le monde de se

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sauver afin de se garer des coups de sabre. Je ne bougeai pas. Un dragon leva son sabre sur ma tête, mais le ruban rouge que je portais à la boutonnière frappa son regard et je fus épargné. Je crois aussi que le calme apparent dont je fis preuve impressionna ce soldat. »

Le statuaire fait les bustes de Rossini, du général Lafayette, du grand poète Lamartine, de Chateaubriand. Il va à Weimar faire le buste de Goethe. C’est là qu’il fit connaissance du poète polonais proscrit, Adam Mickiewicz, dont il devait faire aussi plus tard le buste. Il alla avec lui visiter le champ de bataille d’Iéna et en rapporta précieusement une crosse de fusil trouvée sous ses yeux dans une fouille. Pendant son séjour en Allemagne, il fit des médaillons de Yogel, de Schinckel, de Schlegel, les bustes de Tieck et Alexandre de Humboldt.

Revenu à Paris, il fait fondre en bronze la statue de Corneille pour Rouen et il termine le marbre de celle de Talma pour la Comédie-Française. Viennent ensuite la statue en bronze de Jefferson pour Philadelphie, les marbres des statues du maréchal Gouvion-Saint-Cyr , au Père-Lachaise, de Philopœmen pour le Jardin des Tuileries,

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actuellement au Louvre, Y Enfant à la grappe , et enfin les travaux, bas-reliefs et statues de l’Arc

de Triomphe de la porte d’Aix , à Marseille. David devait décorer les deux côtés de ce monument,

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mais on en donna un à exécuter au statuaire Ramev fils.

Louis Philippe, sur la proposition de Guizot, ministre de l’Intérieur, décréla, le 26 août 1830, que le Panthéon redevenait le temple national affecté aux restes de ceux qui avaient bien mérité de la patrie. On allait rétablir l’inscription « Aux grands hommes, la Pairie reconnaissante. » David, sur la recommandation de Charles Lenormant, conservateur de la Bibliothèque nationale, son ami, fut chargé d’exécuter le fronton du Panthéon. Dans ce bas-relief, le statuaire a représenté, entre autres, le général Bonaparte, que jamais il n’a voulu représenter empereur. Près de lui se trouve le jeune tambour d’Arcole et un grenadier, à la figure énergique, appuyé sur son fusil. C’est un portrait.

Voici à son sujet ce que raconte David 1 :

« Il y avait en 1820, rue de la Harpe, un café tenu par Chavinot. G’était là que se réunissait la jeunesse républicaine. David, revenu depuis quatre ans de l’Académie de Rome, était là un jour, lorsque, à la porte du café, se présente un

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