LA POLÉMIQUE
Dans sa Nouvelle Vie de Jésus, Strauss a essayé de distinguer dans renseignement évangéliqueles vérités encore valables aujourd'hui et les erreurs imputables au peuple juif et aux premières générations chrétiennes : mais qu'il approuve ou qu'il blâme la doctrine du Galiléen ou de ses disciples, il la regarde comme un système purement humain. Il ne s'est rallié aux hypothèses de Schleiermacher que dans la mesure où elles lui semblaient expliquer l'évolution psychologique du Fils de l'homme : il ne veut pas être confondu avec les théologiens qui, à l'exemple du grand prédicateur romantique, affirment à la fois le caractère humain de Jésus et la divinité du Christ. Quand Rlitenik publia les conférences de Schleiermacher sur la vie de Jésus (i), Strauss saisit cette occasion pour insister sur
(1) Ces conlerences demeurèrent inédites trente années après la mort du maître. Strauss suppose qu'on ne voulait pas, au lendemain du scandale causé par les Lettres sur la Lucinde, exposer la mémoire de Schleiermacher à un nouvel affront. On n'eut pas manqué de mêler ses conférences sur la vie de Jésus à la querelle suscitée par le livre de Strauss ; on eût accusé, une seconde fois, le théologien romantique d'avoir imprudemment frayé la voie à la Jeune-Allemagne-