DAVID-FR ÉDÉRIC STRAUSS
rement pour chacun des disciples du Nazaréen crucifié le sens symbolique qu'ila pour un théologien de Tübingue, adepte de Hegel au dix-neuvième siècle. Mais comment l’auteur de la Vie de Jésus ail pu croire qu’on pourrait généraliser une hypothèse aussi aventureuse et interpréter symboliquement toutes les légendes qu’il avait patiemment découvertes dans les textes évangéliques ? comment | aurait-il fait, pour ne citer qu’un exemple, s’il avait voulu trouver un sens éternellement valable pour tout homme dans les généalogies davidiques du Christ, où il avait cependant reconnu lui-même des « mythes » ?
Mais Strauss n'eut pas le temps de se faire à lui-même ces objections qui se seraient sans doute naturellement présentées à son esprit, si on lui avait laissé le loisir nécessaire ; il écrivit et publia avec la hâte fiévreuse d’un inspiré ses pages prophétiques et il n’avait pas fini d'écrire qu'il était déjxattaqué de tous côtés : dans la mesure où on pouvait l’être encore dans l'Allemagne protestante de 1835, l’auteur de la Vie de Jésus fut ainsi apôtre et martyr.