I. \oï: 11, sect. IX. Of Ihe direct passions, p
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Cependant, en même temps que ce principe que (( les passions directes et indirectes sont fondées sur le plaisir ou la souflrance ». Hume admet ailleurs (jue « en outre du plaisir et de la peine, les passions directes naissent fréquemment d'une impulsion naturelle ou d*un instinct dont rien ne peut rendre compte. A cette classe appartiennent le désir de malheur à nos ennemis et de bonheur à nos amis, et aussi la faim, la luxure et quelques autres appétits corporels. (Iles passions, à proprement parler, produisent le bien et le mal et n'en procèdent pas comme les autres affections * ». Ainsi apparaît la distinction méconnue de Ilume entre le désir pour le plaisir imaginé ot l'appétit spontané d'une part et, d'autre part, le désir dirigé par la raison.
il est strictement contradictoire de concevoir, dans lu théorie de Hume, un désir comme s'appUquunl îk n'importe quel objet. En efiet, dès lors qu'il a été établi que la représentation d'un objet est adéquate h l'impression de cet objet sur l'esprit, cette |)roposition doit valoir aussi bien pour les impresvsions réflexives que pour les impressions venant des sens. L'objet du désir, suivant Hume, est « une idée d'une impression passée », une réminiscence. Pourtant nous devons admettre, suivant sa doctrine, que cette it^minisoeneeestun sentiment autrefois plaisant
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mais qui s'est affaibli peu à peu et qui, par comparaison avec son premier état, s'est transformé en souffrance actuelle — , la souffrance du manque ou de la différence, — qui est en même temps un désir, une aspiration vers le retour au plaisir originel. Par (( désir pour un objet », il faudra entendre autre chose que cet objet lui-même : et, de cette distinction. Hume ne peut rendre compte en se bornant aux principes établis. Pour lui en effet, Tobjet du désir doit être cause de plaisir, et l'objet actuel ne peut être cette cause que dans le cas où le plaisir originel aurait été un sentiment déterminé par l'imagination d'une chose en relation du sujet sentant : le désir pour un objet se ramènerait, en ce cas, au désir pour un désir qui, n'étant pas en lui-même un plaisir, devrait être inconnu, plus justement contradictoire. Le désir pour un objet devra donc être le désir pour un plaisir comme objet, c'est-a-dire non plus seulement un désir pour le renouvellement de quelque sentiment qui, ayant été plaisant comme impression ne saurait survivre dans la conscience que comme idée de manque, comme idée déplaisante, mais un désir spécifique déterminé par le moi, prenant conscience de lui-même en tant que sujet permanent, par le moi qui a été rendu heureux et qui demeure capable de bonheur. Mais une telle impression réflexivc dépasse la théorie de Hume sur les impressions et l'origine des idées. En effet ou bien l'impression
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originelle devra être autre chose que la satisfaction d*un appétit, autre chose que des visa, des tacta, etc., ou bien il faudra admettre que Tidée est autre chose que la copie de l'impression. Hume s'appuie donc, en dernière analyse sur ce qui était à démontrer: sa théorie repose sur une pétition de principes.
Dans l'exposé des « passions indirectes », le terme objet ne signifie plus le plaisir ou de la douleur mais le moi ou 1 agent, à qui les <( causes efficientes )) (exciting causes) de fierté et d'amour doivent être particuUèrement rapportées. « La fierté et l'humilité, bien que strictement opposées, ont pourtant le même objet, c'est-à-dire le moi ». Mais par cela même qu'elles sont opposées « il est impossible que cet objet puisse être leur cause ou que, seul, il suffise à les faire naître. Nous devons donc faire une distinction entre cette idée qui les fait naître et celle vers laquelle elles tendent dès qu'elles sont présentes. La première idée qui s'offre à l'esprit est celle de cause, c'est-à-dire d'un principe producteur. Celleci fait naître la passion qui lui est connexe ; et cette passion, dès qu'elle est produite, nous conduit à une autre idée qui est celle du moi. La première idée représente la cause, la seconde l'objet de la passion* ». Une autre distinction doit être faite en ce qui concerne les causes de la passion « entre cette