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relies » qui régissent les associations d'idées. Dans l'exemple du magnifique édifice excitant la fierté du propriétaire ou de Tarchitecte, c'est la relation de cause à efifet. Les relations, les seules possibles, entre les impressions sont des rapports de ressemblance.
Toute cette analyse de la passion indirecte de fierté revient donc à la rattacber à l'idée du moi se réalisant comme objet de « quelque qualité dans un sujet donné ». Pourtant, si nous reprenons les arguments de Hume, nous n'y trouvons aucun critère qui nous permette de dégager cette idée du moi comme se réalisant avec un caractère propre, en dehors d'une simple différence de durée ou d'intensité de plaisir et comme capable de se distinguer objet de fierté plutôt que de toute autre émotion plaisante. L'impression primordiale suivant Hume, est un plaisir, l'idée, résultante de cette impression affaiblie, devra donc être logiquement un plaisir affaibli : et l'association que nous y ajoutons de la spécification de tel plaisir n'y est pas iatrinsèquement contenue. L'impression originelle étant simplement une impression plaisante est inconditionnée et il est manifeste que l'idée, qui n'est que le reliquat de cette impression, ne pourra être conditionnée par cet inconditionné.
La même difficulté se présente lorsque Hume cherche à rendre compte de l'idée du moi considérée en elle-même. Toute rexpérience humaine se résu-
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mant dans des impressions ou dans des impressions aflaiblies, le moi n'est-il donc aussi qu'une impression plus ou moins intense? Le moi, nous dit-on, est (( objet du plaisir de fierté auquel il donne son caractère ». Mais si ce moi n'est lui-même qu'une impression plaisante il sera insignifiant, sinon contradictoire, de dire qu'une impression aura pour objet une autre impression et que ces deux impressions, étant nécessairement de même nature, n'admettront entre elles qu'une simple différence de degré. Si pourtant l'on prétend que ces impressions ne sont pas de même nature — que le moi n'est pas simplement un visum, un tactum ou une impression réflexive — la question se posera à nouveau : Tout objet d'expérience étant impression ou impression affaiblie, comment le moi, objet d'expérience, pourra-t-il être autre chose qu'une impression ou une impression affaiblie?
Désireux de résoudre cette antinomie. Hume fait deux réponses qui sont, à proprement parler, des subterfuges de langage, des idola fori, bien plutôt qu'une solution philosophique. En premier lieu, il présente le moi comme « luie succession d'idées et d'impressions en relation et de laquelle nous avons un souvenir et une conscience intimes — ce qui semblerait impliquer que le moi, bien qu'étant de la nature d'une impression n'est pourtant pas exactement une impression puisqu'il donne son caractère à l'impres-
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sien dont il est l'objet. Toute la question revient donc à s'entendre sur la signification de ces termes (( succession d'idées et d'impressions » et (( conscience intime ». Une succession d'impressions, en tant que succession et en dehors de toute conscience où elle se manifesterait, serait en quelque sorte inintelligible. Hume admet autre part que cette succession constituerait précisément le temps : mais le temps n'est qu'une simple forme des phénomènes en tant qu'ils se manifestent dans l'entendement; la difficulté n'en subsiste donc pas moins. Hume dit alors que les successions d'impressions se produisent en relations naturelles ; pourtant, si nous nous référons à sa théorie psychique de la causalité, nous trouvons qu'il est impossible de découvrir, dans cette relation naturelle, autre chose que la contiguïté des phénomènes généralement observés en succession ; et, de cette contiguïté, il sera toujours logiquement inadmissible de tirer une continuité cesl-à-dire une série consciente devant avoir le caractère d'une synthèse unifiée. L'unification des contigus est implicitement reconnue dans le terme conscience intime (intimale consciousness) mais dès qu'on en cherche une explication conséquente avec la théorie psychique de Hume, on est conduit d'un côté à une pétition de principes, de l'autre à une contradiction. En efiet: I® ou bien bien la conscience intime sera le dernier terme d'une succession d'impression — nous devons
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distinguer ici deux cas : ou bien ce dernier lerine sera purement une dernière impression et comme tel ne pourra rendre compte de la relation de cette dernière impression, qui est elle-même, aux précédentes qu'elle ne contient pas : ou bien cette dernière impression est à la fois elle-même et la synthèse des impressions précédentes, c'est-à-dire est à la fois ellemême et autre chose — ce qui est contradictoire ; 2° OU bien la conscience intime ne sera pas une impression mais sera dérivée des impressions successives — et cette hypothèse, qui impliquerait que ces impressions contiennent déjà la relation qui est à expliquer, se ramène à une pétition de principes.
Hume ne pouvant trouver une solution psychique satisfaisante se tourne alors vers la physiologie. C'est ainsi qu'il admet que le sentiment de fierté, qui a pour objet le moi, est donné coexistant avec telle émotion heureuse, que c'est une impression nerveuse concomitante et corrélative de cette impression. (( Nous devons supposer que la nature a donné aux organes de l'entendement humain une certaine disposition à produire une impression ou une émotion particulière que nous appelons^î^r/c^ : et à cette émotion, elle a assigné une certaine idée, l'idée du moi qu'elle ne manque jamais de produire. Cette combinaison naturelle est facile à saisir. Nous possédons de nombreux exemples d'un tel état de choses. Les nerfs du nez et du palais sont disposés de manière à
transmettre, en certaines circonstances, des sensations analogues à l'entendement ; les sensations de luxure et de faim produisent toujours en nous l'idée des objets particuliers qui conviennent à chacun de ces appétits. Ces deux circonstances se trouvent réunies dans le sentiment de fierté. Les organes sont disposés de manière à produire la passion, et la passion après sa profluction, produit naturellement une certaine idée* ».
Si maintenant nous soumettons cette théorie à la critique, nous devrons admettre : ou bien que la fierté est le produit d'une sensation nerveuse parce qu'elle a une aptitude à être produite par une sensation nerveuse — et c'est une tautologie — ou bien que les nerfs produisent réellement cette sensation en concomitance avec certaines impressions agréables — et c'est là une explication toute hypothétique et qu'aucune expérience n'est jamais venue vérifier. D'ailleurs, l'hypothèse fût-elle pratiquement vérifiée, le problème de savoir ce qu'est l'émotion de fierté par rapport au sujet conscient n'en resterait pas moins irrésolu. L'odeur de rose ne fait pas la conscience de l'odeur de rose ; la statue de Condillac ne parviendra jamais à dire « Je ».
Passant à l'examen de l'humilité, qui s'oppose à la fierté, Ilumc remplace seulement, dans son ex-