‹ David Hume: moraliste et sociologueChapitre 18 sur 140 · I. Vol. II, III, scct. m, p. 1O · texte numérisé non relu

I. Vol. II, III, scct. m, p. 1O

qu'elle ne peut, en aucune mesure, réfréner ni s'opposer à aucune passion. D'où suit cette conséquence, méconnue de Locke, que toutes les actions sont exactement ce qu'elles peuvent être, que V « être » est en toute chose rigoureusement adéquat au « devoir être )). Prétendre que c'est en vertu d'un faux raisonnement que je puis « préférer un moindre bien à un plus grand », c'est donner à la raison une influence originelle strictement contradictoire a sa définition même. Une passion ne peut être déraisonnable qu'autant qu'on la considère comme étant accompagnée de faux jugements, c'est-k-dire de (( fausses liaisons entre les idées, considérées comme des copies, et les objets qu'elles représentent : mais ici encore, ce n'est pas à proprement parler la passion, mais plus justement le jugement au sujet de cette passion qui est déraisonnable * ». La raison ne peut jamais s'opposer à la passion par le fait seul que leurs actions sont totalement hétérogènes, qu'elles ont deux domaines rigoureusement distincts. 11 y a confusion entre les « passions calmes qui produisent peu d'émotion dans l'entendement et la raison qui n'en produit pas ». Les passions seules peuvent entrer en conflit les unes avec les autres et les passions calmes — qu'il ne faut pas confondre avec les passions faibles — peuvent alors l'emporter sur les

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