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EXAMË> CRITIQUE 123
de violer la propriété d'autrui » '. C'est donc cette considération égoïste de l'intérêt général qui fait naître les idées de justice et d'injustice, de propriété, de droit et de devoir. En résumé « c'est de l'égoïsmc et de la générosité intéressée de l'homme placé en face de la provision restreinte de biens dont la nature l'a pourvu pour satisfaire à ses besoins, que la justice dérive son origine' ».
La justice, tout intéressée, est le résultat d'une convention d'un (( sens général de l'intérêt commun » parmi ceux qui possèdent. Le devoir de chacun, qui se confondra avec son intérêt sera de se conformer à certaines règles reconnues propres à diriger la conduite de tous les membres de la société en vue de l'intérêt commun.
Mais tout individu ne possédant pas, non seulement se trouvera naturellement libre de toute convention où son intérêt n'est point enjeu, mais devra même s'opposer par tous les moyens en son pouvoir à l'exercice de règles qui, à son point de vue, seront justement arbitraires puisqu'elles tendront à l'empêcher, sans compensation, d'atteindre son bonheur particulier, c'est-à-dire, vis-à-vis de lui-même, sa fin unique. En supposant que la société, de par le droit du plus fort, s'arrogeât contre lui un pouvoir de coercition, son devoir strict serait de chercher à s'y