I. Ibid.j p
LA POLITIQUE l8l
laquelle il expose, en formules définitives les vues les plus vraies sur la politique et les politiciens de tous les pays et de tous les temps. Il établit d'abord que son projet est purement théorique car, écrit-il, « de tous les hommes, les plus pernicieux dans un état sont les faiseurs de projets politiques s'ils ont la puissance et les plus ridicules s'ils ne l'ont pa^; de même que, d'un autre côté, un politique sage est le caractère le plus avantageux de la nature s'il est accompagné de l'autorité et le plus innocent, sans être totalement inutile, même quand il en est privé. — Un gouvernement établi a des avantages infinis par le seul fait qu'il est établi. — Tous les plans de gouvernement qui supposent de grandes réformes dans les mœurs sont véritablement imaginaires* ». Ceci ne veut pas dire qu'il ne faille s'éclairer sur la meilleure forme possible de gouvernement. Dans tous les cas au contraire, (( il doit être avantageux de connaître quelle est la forme la plus parfaite, afin de pouvoir y conformer, autant que possible, toute constitution ou toute forme de gouvernement établie par des altérations et des innovations imperceptibles, de manière à ne pas causer de trop grands troubles dans la société. »
Cet Etat idéal vers lequel doivent tendre les gouvernements est, suivant Hume, une république constitutionnelle, organisée et gouvernée par cent