I. Ibid., p. 56i note, p. 56a et
sénateurs, onze cents magistrats de Province et dix mille représentants. Les sénateurs ont tous pouvoirs et prérogatives d'un roi d'Angleterre. Le pouvoir législatif sera aux mains des représentants de Province sous la surveillance du Sénat.
Après avoir exposé les diverses fonctions et, pour ainsi dire, les rouages de l'organisation intérieure de sa République, Hume donne, dans les aphorismes qui suivent, les raisons qui l'ont conduit à concevoir cette organisation de préférence à toute autre.
(( La classe de gens la plus inférieure qt les petits propriétaires sont assez bons juges de quiconque n'est pas trop éloigné d'eux par le rang et l'habitation ; et c'est pourquoi il est probable qu'ils choisiront, dans leurs assemblées paroissiales, le plus digne, ou celui qui est à peu près le plus digne, pour les représenter. Mais ils ne sont aucunement propres à siéger dans les assemblées de Province ni à choisir les plus hauts officiers de la Répubhque. Leur ignorance donne aux grands trop de facilité pour les tromper. »
(( Tous les gouvernements libres doivent être composés de deux conseils, d'un petit et d'un plus grand ou, ce qui est la même chose, d'un Sénat el du peuple. Le peuple, comme le remarque Harrington, manquerait de sagesse sans le Sénat ; le Sénat, sans le peuple, manquerait de probité. — H y a ici un inconvénient auquel aucun gouvernement n'a
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encore pleinement remédié, quoique la chose me paraisse très facile. Si le peuple débat, tout est confusion ; s'il ne débat pas, il ne peut plus que résoudre : et en ce cas le Sénat reste le maître. Mais divisez le peuple en plusieurs corps séparés et chacun de ces corps pourra alors débattre en sûreté sans qu'il en résulte aucun inconvénient. »
ce Le cardinal de Retz dit que toute assemblée nombreuse, de quelque manière qu'elle soit composée, n'est que pure populace, gouvernée dans ses débats par le moindre motif. Nous trouvons ceci confirmé tous les jours par l'expérience. Lorsqu'un membre est frappé d'absurdité, il communique son mal à son voisin et ainsi de suite jusqu'à ce que rassemblée entière soit infectée. Séparez ce grand corps et quoique chaque membre n'ait que le sens qui est à peu près moyen, il n'est pas probable qu'aucune autre chose que la raison puisse prévaloir sur.le tout. En dehors de l'exemple et de l'influence, le bon sens prévaudra toujours sur la folie dans une assemblée** »
Ayant remarqué que cet état idéal pouvait s'appliquer, par transformations insensibles et par limitations progressives de la monarchie, à la nation anglaise et généralement à toutes les nations, Hume constate que, quels que soient ses défauts, il est le plus conforme à la justice et à l'humanité : et il pose