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cependant rester soumise à certaines règles d'art résultant des diverses observations plaisantes d'harmonie, de mesure, d'imagination auxquelles, de tout temps, elle a donné lieu.
Les conditions de formation du goût sont externes ou internes : les premières dépendent d'un concours de circonstances difficilement obtenu. « Une parfaite sérénité d'esprit, le recueillement de la pensée un examen attentif de l'objet ; si une seule de ces conditions fait défaut, notre expérience sera erronée et nous serons incapables de juger de Tunique et universelle beauté. »
Les conditions internes dépendent à la fois de l'intelligence et de la constitution physique. « Il parait donc que, parmi toutes les variétés et les caprices de goût, il y ait certains principes généraux d'approbation ou de blâme dont un œil clairvoyant peut reconnaître la trace dans les diverses opérations de l'esprit. Certaines formes ou qualités particulières sont telles, d'après la constitution originelle et l'organisation interne de l'esprit, qu'elles doivent nous plaire tandis que d'autres nous déplaisent nécessairement ; et si elles y manquent en certaines circonstances particulières, cela vient d'un défaut apparent ou d'une imperfection de l'organe. » Ces défauts sont d'ailleurs fréquents, qui affaiblissent ou contrarient, dans notre esprit, l'influence des principes généraux qui conditionnent notre sens
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esthétique. L'une des causes principales qui ont cet effet est le défaut de cette délicatesse d'imagination requise pour porter la sensibilité aux plus exquises émotions. Cette délicatesse ou perfection de chaque sens ou de chaque faculté consiste à percevoir avec la plus scrupuleuse exactitude les plus petits objets soumis à son observation. « Une rapide et intense perception de la beauté ou de la laideur doit être la perfection de notre goût esthétique. » — ce Un goût délicat de l'esprit ou de la beauté doit toujours être une qualité enviée parce qu'elle est la source des jouissances les plus raffinées en même temps que les plus innocentes dont la nature humaine soit capable. Les sentiments de Thumanité entière sont d'accord sur cette opinion. Partout où vous faites preuve d'une certaine déUcatesse de goût, vous êtes sûrs d'être approuvés ; et la meilleure manière de faire cette preuve est de vous reporter à ces modèles et à ces principes qui ont été établis par l'expérience et le consentement unanimes de tous les peuples, dans tous les temps.»
Cette délicatesse de goût peut être développée et en quelque sorte unifiée chez une éhte d'individus : et rien n'y contribue davantage que l'étude approfondie et la pratique de telle branche spéciale de Tart. Si quelque objet nouveau s'offre à la vue ou à l'imagination, l'impression qu'il fait naître est d'abord hésitante et confuse et l'esprit se sent inca-
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pable de prononcer sur ses qualités ou ses défauts. Le premier jugement portera sur l'ensemble de l'œuvre d'art et affirmera sans commentaire sa beauté ou sa laideur : et même ce premier jugement, que précipite le besoin imitatif de donner une opinion immédiate et de ne pas paraître incompétent sur n'importe quel sujet, fût-il le plus nouveau, les personnes non initiées le porteront comme à regret et pour se donner le temps de faire toutes réserves ou même de le retourner suivant l'avis d'un contradicteur qu'elles sentiront plus autorisé. Rien n'est en efifet plus commun que les jugements insincères en matière artistique. Au contraire les jugements de r (( homme de métier » seront toujours rapides, invariables et précis. Car non seulement il reconnaît les qualités et les défauts de chaque partie de l'ensemble mais il fait la distinction de diverses qualités et son jugement comporte une mesure exacte de louange et de blâme. Cette brume d'incertitude qui, pour le commun des mortels, semble voiler tous les objets, se dissipe pour lui au premier coup d'oeil : car son sens, ou, peut-être, son organe artistique, a acquis, par l'exercice habituel, cette acuité et cette délicatesse parfaite qui lui fait reconnaître immédiatement ce que de noml^reuses inductions précédentes lui ont peu a peu découvert.
Cette autorité et cette précision de jugement que peut seule donner l'étude et la pratique de Tari,