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lecluei par le fait que le pouvoir et raulorilé, facilement contrôlés, sont aussi et par là môme aisément restreints et limités.
Il peut être observé en troisième lieu, que, (( bien qu'un état libre soit le seul nourricier propre de ces nobles plantes, elles peuvent cependant être transportées dans n'imp'orte quelle forme de gouvernement ; et que, si Télat républicain est le plus favorable à la culture des sciences, Tétat monarchique est celui qui convient le mieux au développement des autres arts ».
Les arts utiles au plus grand nombre sont aussi ceux qui sont d'abord cultivés et avec le plus de persévérance. Ce qui profite à tous et à tout instant dans la vie de chaque jour peut difficilement être négligé ou tomber dans l'oubli. L'imitation ne peut que répandre et généraliser la connaissance de ces premiers arts, les plus grossiers en même temps que les plus généralement indispensables à la société. L'usage des arts de luxe, au contraire, et plus encore des arts libéraux, qui dépendent du degré de raffinement du goût ou du sentiment, doit se perdre aisément parce que ces arts sont toujours l'apanage d'un petit nombre d'hommes que les loisirs, la fortune ou la culture de l'intelUgence rendent plus naturellemement propres à de semblables occupations.
La première catégorie d'arts doit se développer
dans un état républicain où chacun doit, pour réussir et occuper les premiers rangs, se rendre utile par son industrie, sa capacité ou sa science. Dans un état monarchique, au contraire, les places étant à la disposition des grands, chacun doit s'efforcer de leur faire la cour et de se rendre agréable par son esprit et son goût. D'où il suit cfue les sciences doivent surtout se développer dans le premier état et les arts les plus raffinés dans le second.
On peut observer enfin que « lorsque les arts et les sciences sont arrivés à un parfait développement chez une nation, ils commencent, a partir de ce moment, naturellement et comme nécessairement à décliner et que rarement, sinon jamais, ils ne reprennent leur éclat chez ce même peuple ».
Cette formule, que justifie l'expérience, semble à première vue contraire à la raison. Il semblerait que les arts dussent se fortifier et se développer par l'exercice. Pourtant, à la réflexion, on reconnaît que les formules d'art s'épuisent avec le temps. Il faut, pour que l'art soit sans cesse renouvelé, que des formes nouvelles soient créées. Or, rieo n*e*l moins propre à l'invention de ces moules aoaveaax que l'admiration généralement professée el consacrée pour les anciennes formes. L'opinioa. qui est faite de l'habitude et de rimilation des vieilles crovance^ et de la mode, s'oppose au développement de Te^prit créateur. Le respect des maîtres, premier
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moment de Téducation esthétique, est, en soi, destructeur du génie artistique.
(( Le génie d'un homme est toujours, au début de sa vie, aussi inconnu à lui-môme qu'aux autres : et ce n'est qu'après de nombreux et satisfaisants essais qu'il ose se croire capable de réussir où d'autres ont réussi et ont pu fixer l'admiration du genre humain avant lui. Si son propre pays possède déjà de nombreux modèles d'éloquence, il leur compare naturellement ses productions de jeunesse ; et sensible à la disproportion, il se décourage de tenter de nouveaux essais et de rivaliser avec ceux pour qui il professe une si grande admiration. Lne noble émulation est la source de toute excellence. L'admiration et la modestie étouffent naturellement cette émulation. Et personne n'est si capable de modestie et d'admiration qu'un vrai génie. »
L'artiste nouveau, celui seul dont l'œuvre doit être féconde, devra donc commencer par s'évader du respect, par se surmonter lui-même. L'art aura naturellement beaucoup plus chance de rencontrer ces formules neuves, qui sont nécessaires à son progrès, dans des pays neufs où des formules anciennes, consacrées par la routine de l'opinion, ne s'opposent pas à tout effort nouveau. (( En un mot, les arts et les sciences sont comme ces plantes qui demandent une terre fraîche pour croître et se développer; car, quelque riche que puisse être le sol et quelque soin
3o4 PHILOSOPHIE PRATIQUE
que vous preniez, quelque artifice que vous puissiez mettre en jeu pour le revigorer, il ne produira plus jamais, lorsqu'une fois il aura été épuisé, quoi que ce soit de parfait ou d'accompli en cette espèce '. »
I. Hume a le premier mis en application les lois ainsi analytiquement formulées. On sait que les arts plastiques lui demeurèrent étrangers : du moins é^ita-t-il sans cesse d*en parler ne s'y reconnaissant pas une suffisante compétence. La musique du xyiii^ siècle le laissait également indifférent ; « du bruit, disait-il, du bruit, et rien de plus. » n a donc voulu se borner, dans ses essais artistiques, à la critique littéraire qu'il a toujours pratiquée avec la plus grande délicatesse et la plus parfaite autorité.