‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 109 sur 291 · III. — Comment David a mis en œuvre les éléments du psaume · texte numérisé non relu

III. — Comment David a mis en œuvre les éléments du psaume

Soit qu'il adresse à Dieu sa prière pour lui-même, soit qu'il lui donne comme objet les besoins des siens ou du peuple d'Israël tout entier, David suit cette méthode de prière conforme à la fois aux habitudes du cœur humain et aux exemples de Moïse. Cet ordre de sentiments, cette confiance, cette foi provenant de l'idée très élevée que le pieux roi avait de la puissance, de la providence, de la bonté de Dieu, ont leur raison d'être non pas dans les théodicées bizarres des peuples qui environnent Israël, mais dans les révélations mosaïques et dans la conviction que Jéhovah préparait le règne messianique et entourait de ses faveurs et de ses protçctions les justes et les saints appelés à le réaliser et à le figurer.

David a excellé dans le genre à la fois pieux et poétique du psaume. Dieu lui avait donné un cœur tendre, une sensibilité exquise, une foi à toute épreuve dans les protections divines; Dieu, nous voulons le répéter ici, avait mis en lui dans un but providentiel toutes les qualités naturelles et toutes les grâces divines qui font les grands hommes, les grands saints et les grands poètes.

L'habileté qu'il montra dès le jeune âge à jouer de la harpe l'excitait à composer ces cantiques, et lorsque de la main de Samuel l'huile consacrée fut descendue sur sa tête, c'est l'Esprit du Seigneur qui lui fournit dès ce moment ses belles et extraordinaires inspirations.

Dans le palais royal, il triomphait de l'obstinée mélancolie de Saûl, et quand, sous les regards de deux armées rangées en bataille , il avait renversé l'orgueilleux champion des Philistins, il chantait ses victoires : ses cantiques célébraient le Seigneur qui sait donner aux

petits, et même à ceux qui sont encore enfants, la force et le triomphe contre les ennemis.

(y est surtout quand il devient fugitif, errant à travers les déserts, exposé sans cesse à être trahi, pris et égorgé, que tous ces sentiments abondent. C'est quand il se voit enveloppé, avec la petite troupe de ses amis, par les soldats bien plus nombreux de Saiil, qu'il cherche le secours et la consolation dans la prière et dans les chants admirables par lesquels il relève le moral de ses compagnons abattus. Nous croyons que ces épreuves terribles ont été l'occasion du plus grand nombre de ses psaumes, pleins de douleur et d'effroi, mais où domine l'inébranlable confiance en Dieu et dans les destinées messianiques.

Plus tard, quand il sera monté sur le trône, c'est au milieu d'épreuves d'un autre genre, peut-être plus pénibles encore , qu'il écrira ses divines et immortelles poésies. La poésie sacrée, dans la Bible, est presque toujours fille de la douleur. On compte les chants de triomphe. Les craintes, les anxiétés, les larmes sont le fond de la poésie prophétique comme de la vie humaine. On en a un exemple instructif et mémorable dans les psaumes que nous allons citer.

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