DAVID A LA COUR DE SAUL
L'onction du jeune fils d'Isaï à Bethléem était un fait dont les conséquences s'étendaient loin et touchaient haut ; mais dans la famille de David on était loin d'en soupçonner la portée. Tout se borna, ainsi qu'on peut le conjecturer par la suite de l'histoire, à l'étonnement d'une bienveillance inexpliquée encore de la part d'un homme aussi élevé que Samuel. Les gens de Bethléem qui surent quelque chose de ce qui s'était passé, purent s'en entretenir sans doute et se demander quelle était la signification et quelles seraient les conséquences de l'onction prophétique qui les avait tant surpris. Mais l'émotion ne dut pas aller beaucoup plus loin. L'onction des prêtres, d'ailleurs, n'était, aux yeux delà foule, qu'une faveur spirituelle, quand une famille, un simple particulier en était l'objet, qu'un signe, un simple vœu de bonheur dans la vie. David n'en restait pas moins un berger obscur encore dans le royaume de Saûl.
Les vues de Dieu demandaient que bientôt il en fût autrement. La Providence voulait que David fût connu du roi et de sa cour, devint le personnage le plus brillant d'Israël, puis l'éclatant disgracié de Saul, l'héroïque fugitif obligé, pour défendre sa vie, de tenir les troupes royales en échec, enfin le successeur de Saûl. Ces progrès