‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 139 sur 291 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

et à prendre rang* parmi les pouvoirs de l'État , en représentant la Loi selon son véritable sens , avant tout spirituel, en face des prêtres trop attachés au culte matériel ou se laissant aller au relâchement , et surtout en face de l'autorité royale dont ils devaient empêcher les empiétements (1). Souvent ils payèrent de leur vie leur prédication et leurs reproches (2). M. Renan, qui semble prendre à tâche de dénaturer les plus belles choses de la Bible, en a fait, dans son Histoire d^ Israël, des factieux, des tribuns, des révohitionnaires , des socialistes.

On peut conjecturer que David aimait à fréquenter ces pieuses sociétés; le chemin de Rama lui était particulièrement connu (3). Se trouvant au milieu des prophètes, il vivait comme eux et prophétisait comme eux. Il n'était pas rare en effet de voir, dans ces maisons inspirées de Dieu, ceux qui y descendaient, ne fût-ce qu'en passant, inspirés eux-mêmes d'une manière passagère et casuelle, comme il advint à Satil et à ses écuyers.

III. — Comment se forme en David la conscience de ses rapports figuratifs avec le Messie.

Dès sa tendre jeunesse, David subit ces influences puissantes. Le berger de Bethléem touchait la harpe et , en satisfaisant ainsi sa ferveur d'adolescent , il préludait aux chants du psalmiste. L'onction sainte que lui' apporte Samuel, la perspective d'abord vague , ensuite plus précise, d'un trône où Dieu l'appelle, les persécutions, les dangers, les vicissitudes étranges, au milieu desquels

(1) Munk, Palestine. D. Calinet, ad cap. x I Reg. et Dissertation suites Prophètes, art. m.

(2) III Reg., XIII; Epist. ad Hebrœos, xi.

(3) I Reg. , XIX , 18.

s'écoule la première partie de sa vie, devinrent facilement l'occasion et le thème de ses chants. Car, quand il fuyait Saul, il emportait, si j'ose ainsi parler, sa harpe avec lui, et, devenu roi, il la plaça à côté de son trône.

Mais, nous l'avons déjà dit, David persécuté, David merveilleusement sauvé , David exceptionnellement glorifié, David possesseur du trône de la promesse, sentait qu'il portait en lui Israël et ses destinées divines. De célestes révélations bannissaient toute incertitude à cet égard , et, lorsqu'il chantait ses propres douleurs et ses joies, c'est le Christ qu'il chantait.

La vie à laquelle il était destiné lui apparut de bonne heure comme une lutte contre les ennemis du royaume de Dieu et de son Christ.

Les conditions de ce royaume sur la terre , qu'on les étudie soit chez le peuple d'Israël , soit dans l'Église chrétienne, sont la lutte, l'épreuve, la douleur, le sacrifice. La lutte entre le bien et le mal n'est point un accident dans la vie morale : c'est pour celle-ci sa manière d'être et de s'affirmer. Ce phénomène est permanent : les guerres, les oppositions se succèdent avec des noms divers et des personnages incessamment renouvelés. Rappelons aux lecteurs de nos Prophéties messianiques qu'au point de vue particulier où nous nous sommes placé, le mal, c'est le serpent, le bien, le Rédempteur, le Schilo. Le bien et le mal se sont appelés Abel et Caïn aux premiers jours de l'humanité. A l'époque principale où nous transportent les psaumes, aux premières années de la royauté, ils nous apparaîtront souvent sous les images de David et de Saul.

Saiil, par ses révoltes contre Dieu et ses prophètes , par ses persécutions contre David que le Seigneur lui a substitué sur le trône, représente, avec Absalom, Adonias, Séméi, les ennemis de Dieu et de son Christ. Aux yeux des

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