Inscription gravée, de David
Ce titre ne manque pas d'importance. S'il était pos-
(1) Saint Jérôme et la Biblia Maxima donnent le singulier sanctum, piitm ou misericordem. Les Massorètes ramènent quant au sens le pluriel hébreu au singulier.
(*i) C'est avec raison que saint Augustin ajoute aux paroles : Nec dabis sanctum tuumvidere corrwp^ionem, celles-ci : Neque sanctificatu m corpus, per quod et alii sanctificandi sunt, corrumpi patieiis . (In Psal. xv.)
sible de concevoir quelques doutes quant à l'auteur du psaume , le titre les détruirait. En attribuant ce chant à David nous nous trouvons pleinement d'accord avec les témoignages du Nouveau Testament, surtout avec.les affirmations réitérées de l'apôtre saint Pierre (1), et aussi avec tous les autres indices intrinsèques au psaume qui désignent David comme son auteur.
Toutefois les commentateurs ont varié dans l'interprétation du texte hébreu correspondant à ces mots : tituli inscriptio. Saint Jérôme et les Septante ont lu diversement. Nous croyons que le texte que ces derniers avaient sous les yeux est de tous points préférable et que DDDn, inscriptio, est la vraie leçon, dont le grec a-cr^oyça^iot. est une sorte de commentaire. Car ce mot ne signifie pas une simple inscription, mais une inscription gravée, au dire des Septante, sur une colonne, pour perpétuer le souvenir d'un événement. David aurait ainsi exprimé le vœu que ce psaume, regardé du reste par les commentateurs comme un des plus beaux du psautier, fût écrit dans le marbre afin qu'on ne l'oubliât jamais. Job, avant le fils d'Isaï, n'avait-il pas demandé que le récit de ses douleurs et de ses espérances dans le Rédempteur futur fût gravé sur la pierre avec le ciseau (2) ?
Les autres traductions ajoutent à ce sens, sans le contredire : AbenEsra, Dereser et Reinke rendent l'hébreu par Carmen aiireum, cantique doré ; Hengstenberg par secretum, c'est-à-dire : chant d'un sens très élevé et caché.
« Gardez-moi, mon Dieu, puisque j'espère en vous. »
(1) Act., II, 27; xiii, 35.
(2) Job., XIX, 2i.