‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 156 sur 291 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Personne, dit-il ailleurs, ne les ravira de la main de mon Père. (( Père saint, s'écriait-il, gardez-les dans l'amour « de votre nom; je vous en supplie, préservez-les des « méchants : bénissez-les dans la vérité. » Cefte prière est écoutée et exaucée par le Père céleste. Le Messie lui rend des actions de grâces dans sa prière qui se prolonge jusque dans la nuit : Et erat pernoctans in oratione.

Remarquons ici l'à-propos avec lequel l'Église place le verset 5, Dominus pars hœreditatis mese^ sur les lèvres du jeune lévite renonçant au monde, au seuil de la vie sacerdotale. Doux adolescent, tu renonces à ce monde d'illusions que tu portes dans ton sein ! Mais regarde avec amour les joies spirituelles qui vont devenir tiennes en échange des fausses joies répudiées par toi avant de les avoir goûtées.

8. « J'ai toujours le Seigneur devant les yeux; et parce qu'il est à ma droite je ne serai point ébranlé. »

« J'ai toujours le Seigneur devant les yeux, irpotoptojxriv, provideham : l'apôtre saint Pierre, en répétant ce même mot, confirme l'interprétation que nous faisons de ce psaume. « David, dit-il, parce qu'il avait le Christ devant les yeux, providens, TrpotSojv, a parlé de sa résurrection, en prophétisant que son âme ne resterait pas dans le schéol (1). »

David a donc dit tout ceci dans son exil, au milieu des persécutions qu'il endurait. Éclairé de l'Esprit de Dieu, il voit sans cesse le Seigneur devant lui, à côté de lui, pour le protéger. Il voit plus loin encore. Le Christ lui apparaît passant par les mêmes persécutions et les mêmes souffrances. Mais cette vue, loin de l'abattre, remplit son

(1) Act., II, 31.

cœur d'allégresse et lui met sur les lèvres un cantique de joie. Comme nous le disions en commençant, il prend pour point de départ ses propres douleurs, ses propres espérances, pour chanter les douleurs et les espérances du Christ dont il se sait la figure.

Appliqué au Christ, ce verset affirme de nouveau la confiance inébranlable en Dieu du Messie persécuté. Cette idée est la pensée fondamentale du psaume, ainsi que nous l'avons observé, et rappelle ces paroles du Christ rapportées par saint Jean (1) : « Je ne suis pas seul, car mon Père est avec moi. » Dans la passion, Dieu le Père envoie un ange pour consoler son Fils et pour répondre à la confiance de ses prières. Apparuit autem illi angélus de cœlo,confortans eum.Et factus in agonia, prolixius orabat (2). Et Jésus veut que ses apôtres entretiennent dans leur cœur la même confiance qu'il avait lui-même. In mundo pressuram hahehitis, sed confidite : ego vici mundum (3) . Saint Etienne, premier martyr, vit au moment de son supplice le Fils de Dieu à la droite du Père céleste : et saint Paul entendit le Sauveur lui dire : <( Ne crains rien, car je suis avec toi. » Cette confiance, qui devait passer du cœur de Jésus dans celui de ses disciples, le fortifia dans son agonie et sur la croix, confiance dont la résurrection glorieuse fut l'éclatante justification.

La prophétie de la résurrection est contenue dans les deux versets suivants.

9. « Aussi mon cœur est dans la joie et mon âmé est remplie d'allégresse : ma chair elle-même reposera dans l'espérance. »

(1) Joan., XVI, 32.

(2) Luc, XXII, 43.

(3) Joan., XVI, 33.

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