‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 158 sur 291 · CHAPITRE Iir · texte numérisé non relu

CHAPITRE Iir

Tel est, en effet, le sens de l'expression hébraïque nnu (forme niphal), corrumpi.

Le mot du verset dixième : Votre Saint , votre saint par excellence, désigne évidemment le Messie (1) , que l'Ecriture appelle également le Juste (2). Le Christ n'est-il pas en effet le saint, le juste par excellence? Le Christ, dit saint Paul, est « le saint, l'innocent, le pur, celui qui est entièrement séparé des pécheurs, plus élevé que le ciel (3) ». On comprend pourquoi et comment sa chair si sainte ne doit pas éprouver la corruption du tombeau, cette conséquence lamentable de la mort introduite par le péché dans l'humanité déchue. Il fallait que le Christ souffrît, ainsi qu'il Ta dit lui-même; mais il devait tout aussitôt entrer dans sa gloire et ressusciter le troisième jour (4).

C'est aux versets de notre psaume que les apôtres faisaient allusion, lorsqu'ils disaient aux Juifs ces paroles si claires, si décisives dans la question qui nous occupe, paroles que nous voulons mettre une seconde fois sous les yeux du lecteur. « Qu'il me soit permis , disait saint Pierre au jour de la Pentecôte, de vous parler de David : il devait mourir, il est mort et il a été enterré ; sa tombe est au milieu de nous... David a parlé de la résurrection du Christ et il a prédit qu'il ne demeurerait pas dans le royaume des morts et que sa chair ne verrait point la corruption. En effet, Dieu L'a ressuscité : nous en sommes tous les témoins. » Saint Paul rend le même témoignage (5). Remarquons que tous

(1) Vid. Daniel., ix, 24. — Luc, i, 35 ; iv, 34. — Marc, i, 24. — Act., in, 14; IV, 27. — Paul, ad Hebr., vu, 26 et 27; II ad Corinth., v, 21.

(2) Isa., LUI, 11. — Jerem., xxiii, 5 et 6.

(3) Ad Hebr., vu, 26.

(4) Luc, XIII, 26 et 27.

(5) Act., xiii.

ces commentaires autorisés et inspirés ont traduit comme nous les versets du psalmiste. Ils ont entendu comme nous ces mots de leur langue : 1T7, derelinquere , SlNu*, schéol, infernus, nri'ù*, corrumpi. Les Septante aussi ont traduit les mots de l'hébreu par ceux-ci : lYxaôaXeitj/eK;, aôy,v 5i3tcp6opav.

Les rationalistes , pour donner un autre sens aux versets 9 et 10, ont dû faire violence au texte hébreu; et ce n'est que par des procédés d'atténuation et même de falsification qu'ils peuvent échapper à la clarté prophétique des paroles du psalmiste.

11. « Vous m'apprendrez le chemin de la vie. La plénitude de la joie est avec ceux qui vous contemplent; la béatitude est l'œuvre de votre droite pour toujours. »

Le mot vie est employé souvent dans la Bible pour exprimer la joie : telle est en effet la vie en Dieu. Vivre auprès de Dieu, c'est, suivant l'Apocalypse , jouir de la plénitude des délices (1).

Qu'on rapproche ce verset de ceux qui le précèdent , et l'on verra aisément que ces mots : Vous m^apprendrez le chemin de la vie, se rapportent à l'ascension. Le Messie dit à son Père : Vous me transporterez dans votre sein , foyer de la vie bienheureuse. Le Christ uni à son Père n'est-il pas lui-même la vie? Je suis la vie, dit-il dans son Évangile : Ego sum via, veritas et vit a. C'est du sein de cette vie , nous dit saint Paul , qu'il prie incessamment pour nous (2).

La plénitude de la joie est avec ceux qui vous contemplent. Il s'agit évidemment ici du ciel. Cette plénitude de la joie

(1) Apoc, XX, 6.

(2) Ad Hebr., x, 20.

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