‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 164 sur 291 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

puissance infinie de Dieu. Cet état produit une douce ivresse. Aussi David s'écrie-t-il :

5. « Heureux celui qui met son espérance dans le Seigneur, qui ne se tourne pas du côté des orgueilleux et qui fuit le mensonge. »

Tout ce qui précède n'est que le prélude du cantique nouveau , et le verset 6 est une dernière et prochaine préparation aux révélations importantes qui vont en être l'objet. C'est une entrée en matière.

6. « Vous avez fait beaucoup de choses merveilleuses, Seigneur, et accompli de grands desseins en notre faveur. Nul ne vous est comparable. Je voudrais tout annoncer et tout dire ; mais l'excellence de vos œuvres est inelfable. »

David ne va donc soulever qu'un coin du voile qui dérobait l'avenir à ses contemporains; mais quelle importante prophétie il va leur communiquer! Quelle importante révélation il va leur faire ! La loi mosaïque, dans ses plus graves prescriptions, celles qui regardent le sacrifice, doit être abrogée, et c'est le Messie lui-même qui doit devenir la victime, l'expiation suprême.

7. (( Vous ne voulez point des sacrifices ni des offrandes. Vous avez ouvert mes oreilles pour recevoir cette déclaration. Vous ne désirez point d'holocaustes ni de sacrifice pour le péché. »

Il s'agit , dans ce verset , de tous les sacrifices de l'ancienne loi, sans exception, des sacrifices sanglants et des sacrifices non sanglants. C'est ce qu'expriment les deux mots hébreux employés par le psalmiste niT, 2Cbach, et nn:D, minchah. Les holocaustes et le sacrifice pour le péché , qui avaient particulièrement pour objet

de faire rentrer en grâce avec Dieu le pécheur pénitent , sont deux ordres de sacrifices distincts. Ils ne sont pas signalés ici sans motif mystérieux. Dans la loi juive , la violation des commandements divins méritait la mort, quand cette violation était grave et préméditée. Le sacrifice pour le péché avait pour objet de substituer une victime innocente au pécheur lui-même ; en sorte que ce sacrifice figurait manifestement , dans l'ancienne loi , y immolation et le don du Christ satisfaisant pour les péchés du monde. David annonçait que cette figure par ellemême était impuissante à satisfaire la justice divine , et qu'elle disparaîtrait. Cependant , comme nous l'avons déjà dit, les paroles du psaume ne pouvaient être et n'étaient pas en effet la condamnation et l'abolition immédiate du sacrifice mosaïque ; mais seulement la prophétie qu'un jour viendrait où ces sacrifices cesseraient, n'étant pas par eux-mêmes agréables à Dieu.

Les interprètes qui se refusent à expliquer le psaume XXXIX dans un sens messianique, reconnaissent comme nous que David ne condamne pas absolument les sacrifices mosaïques. Mais, suivant eux, les sacrifices que Dieu repoussait par la voix du prophète royal étaient seulement, comme nous l'avons déjà dit dans l'introduction au psaume , ceux qui étaient tout extérieurs et sans piété.

Il suffit de remarquer que le verset 7 ne contient pas l'ombre d'une déclaration pareille. C'est au psaume l, verset 18, et non dans le psaume xxxix que se trouve exprimée l'idée de ces commentateurs. En effet, le psalmiste , après avoir dit : Vous n'êtes point réjoui par les holocaustes : holocauslis non deleclaheris, indique aussitôt les holocaustes dont il veut parler. Pour qu'un holocauste soit agréable à Dieu , il faut que ce sacrifice soit accom-

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