‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 165 sur 291 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

pagné du sacrifice des passions, du trouble de la contri- . tion et de l'humilité : Sacrificium Deo spiritus contrihulatus; cor conlrilum et liumiliatum , Deus , non despicies... Tune acceptabis sacrificium juslitiœ ^ oblationes et holocausta. Tune imponent super altare tuum vitulos. Nous le demandons au lecteur impartial : dans le psaume xxxix, y a-t-il quelque chose de semblable? Ne s'y agit-il pas des sacrifices mosaïques sans aucune restriction?

C'est souvent, il est vrai, à l'occasion des abus qui se glissaient dans les sacrifices légaux, et les faisaient dégénérer en un culte formaliste, que les prophètes comme Isaïe, Malachie, ont parlé du sacrifice plus pur et plus élevé que le Christ est venu réaliser ; mais on n'en peut rien conclure contre nous : c'était pour eux l'occasion de prophétiser le sacrifice chrétien. Leurs paroles avaient pour objet une abolition générale, dans l'avenir, des sacrifices sanglants institués par Moïse, dont ils sentaient le vice essentiel. Ils visaient l'imperfection intrinsèque de l'institution.

Sans parler de l'impuissance de ces immolations considérées en elles-mêmes, n'avaient-elles pas d'ailleurs un caractère répugnant? C'était, au moins pour les yeux, des scènes d'abattoir, excitant une curiosité toute profane. Cette immolation portait-elle au recueillement? Ces viandes qu'on allait se partager ne provoquaient- elles pas des appétits grossiers? Les Israélites étaient-ils si coupables dans les distractions d'un pareil spectacle? Il y avait dans Malachie et dans les autres prophètes comme l'aveu de ces choses : l'imperfection de l'institution était pour eux l'occasion d'annoncer un sacrifice plus parfait. Ils exhortaient les Juifs à ne pas s'arrêter à la figure , à une immolation trop matérielle , et à élever leur esprit à l'idéal qu'ils leur prophétisaient. Indépendamment des dispositions imparfaites qu'apportaient les Israélites dans l'ac-

complissement de toutes les prescriptions légales et qui leur étaient reprochées, les prophètes ont montré plus d'une fois un sentiment dédaigneux et presque de dégoût pour les sacrifices sanglants de l'ancienne loi. Ils avaient conscience de leur imperfection essentielle et de leur suppression future.

C'était dans des sentiments analogues que David prophétisait : il visait autre chose que la légèreté et la dissipation que les Israélites apportaient aux sacrifices légaux.

Les commentateurs ont interprété diversement les mots latins de la Vulgate : Aures autem perfecisti mihî, traduits par nous : Vous avez ouvert mes oreilles. La traduction littérale de l'hébreu serait : Vous m'avez percé les oreilles. Plusieurs commentateurs pensent que cette dernière traduction est préférable à celle que nous avons donnée. Les Hébreux perçaient en effet , dans certaines circonstances, les oreilles à leurs serviteurs (1), ainsi que cela se pratiquait en Mésopotamie, en Arabie, en Lydie et à Carthage , en signe de dépendance et pour marquer que les oreilles du serviteur devaient être ouvertes au premier commandement du maître.

Appliquée à Jésus-Christ, cette interprétation indiquerait encore plus fortement la parfaite obéissance du Fils de Dieu à l'égard de son Père. De son côté , David aimait à s'appeler l'humble serviteur de Dieu.

Les Septante et saint Paul dans l'épitre aux Hébreux ont traduit le même membre de phrase par ces mots : Vous m'avez donné un corps. Cette traduction exprime la même idée de dépendance du Messie à Fégard de Dieu : car ce n'était que par l'incarnation que le Christ, dans son humanité, était inférieur à son Père, et en était devenu

(1) Exo(l.,xxi, 6. — Deut., xv, 17.

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