CHAPITRE m
9. « Je ne désire faire que ce qui vous plait, Seigneur, et votre loi est écrite au fond de mon cœur. »
Ce que David veut principalement dire ici , c'est qu'il est disposé à faire tout ce qui est agréable à Dieu , mais principalement ce qui avait un rapport direct avec sa destinée messianique. Jésus-Christ seul pouvait réaliser tout entière la volonté de Dieu ; lui seul a pu dire excellemment : (( Je suis descendu du ciel, non pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé (1). » David devait souffrir au milieu des hommes ; mais ses souffrances n'étaient qu'une ombre de celles du Christ lui-même. Selon qu'il est marqué dans l'épître aux Hébreux, le Christ devait souffrir, pour obéir à la volonté du Père, jusqu'au sacrifice de la croix ; et c'est par cette volonté que nous avons été justifiés (2). Il n'y a là qu'une affirmation nouvelle des douleurs au milieu desquelles le salut devait s'opérer. Le Proto-Evangelium n'annonçait-il pas des luttes douloureuses avec le serpent?
Il s'agit, dans la seconde partie du verset 9, bien moins de la fidélité aux dix commandements du Seigneur, qu'à cette loi divine, qui avait fixé les conditions de la rédemption du monde , et avait réglé que cette rédemption s'opérerait dans la douleur. Ce verset 9 mettait dans tout son jour l'humble obéissance de David, dénonçant les sacrifices et acceptant la part douloureuse de sa mission comme représentant de Jésus-Christ.
« Votre loi est gravée au fond de mon cœur. » David ne voulait point diminuer l'autorité delà Loi. Son intention n'était point d'y contredire. Il l'aimait et il y serait obéissant jusqu'à la fin. Au verset 7, il avait dit qu'elle devait
(1) Joan., VI, 38.
(2) Ad Hebr., x, 10.
être un jour abolie dans les points relatifs aux sacrifices ; mais il fallait attendre que le Messie, figuré dans sa personne, arrivât et substituât son sacrifice, son Évangile à la loi et aux institutions du Sinaï.
Il y a dans le texte hébreu : Votre loi est au fond de mes entrailles. Le Christ seul et son représentant pouvaient s'identifier avec la Loi. Tout homme est pécheur. David considéré comme homme avait péché lui-même. Aussi David se référait au Christ qui lui seul pouvait dire absolument : Je suis sans péché ; je n'ai jamais porté la moindre atteinte à la Loi, même dans la plus légère de ses prescriptions; mais je suis venu l'accomplir tout entière : Non veni solvere legem , sed adimpîere.
Les versets 10 et 11 terminent le cantique nouveau.
10. « J'ai annoncé votre justice dans les grandes assemblées; je n'ai jamais retenu votre parole captive sur mes lèvres, vous le savez, Seigneur. »
11. « Je n'ai point caché votre justice au fond de ma conscience : j'ai dit tout haut votre fidélité et votre salut. Je n'ai point usé de réticence dans les grandes assemblées, dissimulant vos grâces et votre fidélité. »
David, en annonçant l'insuffisance des sacrifices dans un cantique nouveau , venait de faire un grand acte , qui l'exposait au murmure des prêtres de Lévi, et à de nouvelles persécutions de la part de ses ennemis qu'il avait vaincus, mais non désarmés. Il prévoit de nouvelles guerres intestines; mais qu'importe? il a rempli le message dont Dieu l'avait chargé; il l'a rempli solennellement dans les grandes assemblées; son cœur est satisfait. C'est cette satisfaction du devoir accompli qu'expriment les versets 10 et 11.
Faisons une remarque sur un mot hébreu , dont nous