‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 168 sur 291 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

avons été obligé d'amoindrir la force dans notre traduction. Nous avons traduit : « J'ai annoncé votre justice ; » mais les Septante ont mieux traduit : Eu/iYYsXiaaixyiv oixa-oauvY^v'.J'ai évangélisé votre justice. Le mot héJjreu in"i^*:i, Bisarthi, exprime l'annonce d'une bonne nouvelle. Le nouveau cantique ne parait-il pas en effet une page empruntée à l'Évangile, traduite dans un psaume?

Depuis le verset 12 jusqu'au verset 18, David se plaint amoureusement à Dieu des persécutions dont il va devenir l'objet pour avoir accompli fidèlement et vouloir accomplir encore, et jusqu'à la fin, sa mission de représentant du Christ au milieu d'Israël. Il implore la protection divine.

12. « Et vous, Jéhovah, ne retirez pas de moi votre miséricorde : que votre bonté et votre fidélité me servent de garde. »

13. c( Car voici que des douleurs sans nombre vont être mon partage. Mes péchés m'accablent ; je ne puis en soutenir la vue. Ils sont plus nombreux que les cheveux de ma tête, et mon cœur défaille. »

En prononçant ces paroles , David n'entrevoyait-il pas les douleurs du Christ au jardin de Gethsémani, ces heures sombres dans lesquelles Jésus priait son Père de le réconforter? Ne semble-t-il pas qu'on entende dans ces deux versets ses supplications pleines de crainte et d'angoisses, et qu'on le voie, la face contre terre, accablé sous le poids de la responsabilité de nos fautes, poids qu'il ne peut plus porter (1)? Un grand nombre de commentateurs ont été tellement frappés de la ressemblance de cette prière de David avec celle du Christ au

(1) Cœpit pavere et txdere... Transfer calicem hune a me... Etprocidit super tcrram (Marc, xiv, 32-36). Bihlia maxima, ps. xxxix, 16.

jardin des Oliviers, qu'ils y ont vu la prophétie du début de la Passion (1).

« Mes péchés m'accablent... ils sont plus nombreux que les cheveux de ma tête. » Ces mots, qui nous paraissent si bien à leur place sur les lèvres de David, figure du Christ expiateur, ont fait supposer à plusieurs auteurs que David ne parlait plus ici comme représentant du Christ. Selon quelques-uns, le psaume n'est plus messianique à partir du verset 12; selon d'autres qui ne veulent point rompre l'unité idéale du psaume, et pensent qu'une même voix s'y fait entendre depuis le commencement jusqu'à la fin, le psaume xxxix à cause de ces mots : Mes péchés m'accablent, etc., ne serait pas du tout messianique; et saint Paul n'aurait interprété les versets 7, 8 et 9 que dans un sens accommodatice. Nous ne partageons ni l'un ni l'autre de ces deux sentiments, et nous en allons montrer le peu de fondement.

Aux défenseurs de la première opinion, nous dirons qu'il est difficile de faire intervenir deux interlocuteurs dans un cantique, lorsque rien ne vient indiquer que l'un cède la parole à l'autre. Le procédé semble toujours un peu arbitraire. Si c'est le Messie qui parle du verset 7 à 9 par la bouche de David, il est à croire qu'il parle par le même organe au verset 13. De plus , nous opposons au premier et au second sentiment une réfutation qui leur est commune. Ceux qui les défendent disent que le Messie ne peut parler de ses péchés, lui qui est TAgneau immolé et sans tache. Les anciens commentateui's n'ont point vu là une objection sérieuse contre l'interprétation messianique du psaume xxxix, considéré dans son entier. On nous objecte qu'Isaïe, en parlant des

(l) Bossuel, Sermon sur la Passion : Posuit Dom%nus\ r«part.

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