‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 171 sur 291 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

18. « Pour moi, je suis malheureux et pauvre; mais le Seigneur pense à moi ; il est mon secours. »

Ces dernières paroles se rapportent à l'épisode de la retraite de David dans son camp de Mahanaïm. Il s'y trouve dans le plus grand dénûment. Mais la Providence le fait secourir par ceux-là mêmes dont il ne devait rien espérer : Sobi, de la nation des Ammonites, à qui David avait fait une guerre si cruelle ; Berzellaï, qui avait tant à redouter d'Absalom , s'il s'attachait à David ; Machir, si dévoué à la maison de Saul. Ces hommes généreux apportèrent des vivres au roi et à ses troupes qui allaient mourir de faim, de soif et de lassitude (1).

Jésus, plus que David, connut le dénûment et la pauvreté. Toute sa vie, dit saint Thomas commentant le verset 18, le Christ fut mendiant et pauvre, et n'eut pas où reposer sa tète : c'est à cette misère que saint Paul faisait allusion dans sa lettre aux Corinthiens : « Vous savez quelle a été la bonté de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui, étant riche, s'est rendu pauvre pour l'amour de vous, afin que vous devinssiez riches par sa pauvreté (2). »

Mais il y a de plus dans ces derniers versets une prophétie qui consola David et qui doit nous consoler nousmêmes au milieu des tribulations et des persécutions dont le royaume de Dieu a été, est encore, et sera toujours l'objet. Toute attaque contre le Christ et son Église tournera à la honte des persécuteurs et au triomphe définitif des enfants de Dieu. L'histoire de l'Éghse en témoigne à toutes les époques. L'Église peut être frappée dans les conditions de son existence temporelle. On peut la persécuter, la réduire à la pauvreté, en un mot la faire beau-

(1) H Reg.,xvii, 29.

(2) D. Thomas Aquin., loc. cit.

coup souffrir; mais Dieu pense toujours à elle, et dans les situations les plus critiques Dieu, comme dit le prophète, est toujours son secours. Les persécuteurs finissent par être humiliés et les persécutés, glorifiés. L'histoire moderne aussi bien que l'histoire ancienne en fournissent des preuves.

Psaume LXVIII.

gémissements et espérance du christ sur la croix.

Exposition.

Ce psaume se rapporte par la forme et par le fond au psaume xxi et au psaume xxxix qui tous deux sont comme lui inscrits sous le nom de David; en sorte que, suivant Delitzsch, la connexité de ces trois psaumes est telle , que l'authenticité de l'un vaudrait pour l'authenticité des deux autres. Toutefois, l'opinion des commentateurs n'est point unanime à l'endroit de l'occasion et de l'auteur du psaume lxviii. Hengstenberg pense que ce psaume décrit en général la souffrance de l'homme juste, et qu'il n'y faut point chercher une occasion particulière et historique. Le paraphraste chaldéen, Théodore d'Héraclée, Théodoret, Euthimius, Rosenmiiller, croient que ce chant de douleur a été composé pendant la captivité de Babylone. Maurer et Dom Calmet l'attribuent à un lévite de cette époque. Les raisons alléguées par ces commentateurs ne nous paraissent pas décisives. Les inductions tirées du langage et de la philologie ne sont point convaincantes; et bien que les versets 34, 36 et 37, puissent convenir à la captivité de Babylone, ils ne sont point déplacés dans la bouche du prophète David, comme

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