‹ David, roi, psamliste, prophèteChapitre 176 sur 291 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

ment observé, c'est que Judas résume en sa personne les traîtres et les blasphémateurs du Christ.

Saint Paul, dans Tépître aux Romains (1), déclare que les malédictions de notre psaume se sont accomplies dans la personne des Juifs infidèles au Christ et rejetés par lui à cause de leur endurcissement : Et David dicit : fiât mensa eorum in laqueum et in captionem et in scandalum et in retributionem illis. Obscureniur oculi eorum ne videant et dorsum eorum semper incurva.

Remarquons en passant à quel point saint Paul assimile ici David et Jésus-Christ. C'est David qui parle, c'est David qui souffre, et cependant paroles et situation sont appliquées par saint Paul à Jésus-Christ : tant il est vrai que David dans sa vie et dans les psaumes messianiques représentait et prophétisait à la fois le Messie.

Les saints Pères et les commentateurs chrétiens, s'appuyant sur les témoignages du Nouveau Testament que nous venons de produire, ont affirmé unanimement que le psaume lxviii est messianique (2).

Il se peut assurément que ce psaume ait été en même temps un chant national. Au milieu de ses épreuves nombreuses, le peuple de Dieu y cherchait des consolations. D'autre part n'oublions point qu'il n'est pas nécessaire que toutes les paroles du psaume s'appliquent exclusivement à Jésus-Christ. 11 en est qui ne conviennent qu'à David ou à tout autre prophète auteur du psaume. Les person-

(1) XI, 9 et seq.

(2) Ne citons que saint Augustin : « Christus hic loquitur ; dubitare omnino non pennitlitur. Hic sunt enim expressa verba quee in ejus passione compléta sunt : Dederunt in escani... Cumque ipse Christus dixisset : Sitio, et ei acetum datum esset, dixit : Consummatum est; ostendens ista omnia quee praedicta sunt in illo fuisse tune consummata : non licet hic aliud intelligere. Apostoli etiam loquenles de Christo, testimonia ex isto psahno dederunt. Quis autem deviet ex sentenliis eorum? Aut quis agnus non sequalur arietes ? Ergo Christus hic loquitur. » {Conc. in Ps. lxviii, 1" pars.)

nages de FAncien Testament qui ont eu l'honneur de figurer Jésus-Christ, tout saints qu'ils aient été , participèrent néanmoins aux faiblesses de l'humanité, et l'on sait que David a longtemps pleuré au souvenir de ses fautes. C'est donc à lui que l'on peut, vu leur contexture et ce qu'ils renferment de personnel, appliquer les versets 6 et 7. Le psalmiste savait que ses souffrances se rapportaient au grand mystère de la rédemption d'Israël et du monde. Mais il ne pouvait oublier ses propres fautes, et il les confessait humblement devant Dieu.

Commentaire du psaume.

En traduisant le titre comme nous l'avons fait : Au maître de chant. Sur l'air des lis, nous avons suivi l'ancienne tradition et l'exemple d'Aquila et de saint Jean Chrysostome, et nous ne pouvons voir dans le mot D^^iirlur, Sclioschannim, ni l'indication de la ville de Suse en Perse , ni celle d'un instrument à six cordes. Au lieu de : pro liliis^ la Vulgate porte : pro Us qui commutabunlur. Le mot hébreu signifie l'un et l'autre, ainsi que l'avoue saint Jérôme dans sa lettre à Principia (1). »

2. « Sauvez-moi, mon Dieu; les eaux débordées vont m'engloutir (2).

3. « Voilà que je suis plongé dans une vase profonde ; je ne puis plus me soutenir. Je glisse dans la profondeur des eaux, et le fleuve me submerge.

4. « Je m'épuise à crier : mon gosier est desséché; mes yeux se fatiguent à chercher mon Dieu.

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